Ben Amed Azize Zougmore
30 Août 2026•Mise à jour: 30 Août 2026
Le Premier ministre français Sébastien Lecornu a vivement critiqué dimanche la proposition de Jean-Luc Mélenchon visant à geler une partie de la dette publique détenue par la Banque centrale européenne (BCE), la qualifiant de « faute morale, économique et patriotique ».
« Emprunter de l’argent et décider de ne pas le rendre, cela s’appelle du vol », a déclaré Lecornu dans un message publié sur la plateforme sociale américaine X, réitérant une position défendue la veille sur le plateau de la chaîne de télévision française LCI.
Selon lui, une telle mesure risquerait également de créer « une faille dans notre système monétaire européen » et d'affaiblir la crédibilité financière de la France.
« La signature de la France est encore respectée. Introduire le doute, c’est abîmer quelque chose qui fonctionne », a-t-il ajouté.
Le Premier ministre avait déjà tenu des propos similaires samedi sur la chaîne française LCI, estimant que « ne pas rembourser à celui qui a prêté, c’est du vol ».
Le candidat de La France insoumise (LFI) à la présidentielle 2027, Jean-Luc Mélenchon avait proposé le 23 août, lors des universités d’été de son parti, que la BCE « mette au congélateur les dettes des États, en commençant par celles de la période Covid ».
Ses partisans estiment qu’une telle mesure permettrait de dégager des marges budgétaires pour financer notamment des investissements dans la transition écologique. Le coordinateur national de LFI, Manuel Bompard, a soutenu que plusieurs pays européens auraient intérêt à une telle initiative.
L’idée avait déjà été défendue en 2021 par 150 économistes de treize pays européens, qui estimaient qu’une annulation des dettes publiques détenues par la BCE pourrait permettre de financer de nouveaux investissements écologiques, sociaux et économiques.
La proposition de Mélenchon, qui reste fortement contestée, s’est imposée ces derniers jours comme l’un des sujets du débat économique à l’approche de l’élection présidentielle de 2027.