Serap Dogansoy
03 Août 2026•Mise à jour: 03 Août 2026
Une enquête judiciaire pour harcèlement moral a été ouverte après la tentative de suicide d’une fonctionnaire des services du Premier ministre, confrontés à plusieurs drames et signalements ces derniers mois, ont rapporté ce lundi France Inter et Le Figaro.
Deux agents de services différents se sont suicidés en mars 2026 et deux autres ont tenté de mettre fin à leurs jours depuis octobre 2025, dont une personne sur son lieu de travail. Trois enquêtes internes ont parallèlement été ouvertes à Matignon.
La fonctionnaire ayant tenté de se suicider en avril a déposé plainte contre plusieurs responsables hiérarchiques du service de la correspondance du Premier ministre, a confirmé le parquet de Paris au Figaro. L’enquête a été confiée à la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP).
La plaignante affirme avoir progressivement été privée de ses missions, exclue des réunions et isolée professionnellement depuis fin 2023. Malgré plusieurs alertes internes, un audit ayant constaté une souffrance sévère au travail n’aurait abouti qu’à une proposition de changement de service, selon France Inter.
Un représentant du personnel a également saisi la justice en juin au titre de l’article 40 du Code de procédure pénale, qui oblige les agents publics à signaler tout crime ou délit dont ils ont connaissance dans l’exercice de leurs fonctions.
Plusieurs témoignages évoquent un climat de tension alimenté par les réorganisations, la baisse des effectifs, la concurrence entre agents et la succession de quatre Premiers ministres en deux ans.
Une mission sur les risques psychosociaux, c’est-à-dire les risques pour la santé liés aux conditions de travail, doit être engagée afin d’identifier d’éventuels dysfonctionnements et de renforcer la prévention. Le dispositif interne Vigisouffrance a enregistré une hausse des signalements ces dernières années.