Adama Bamba
16 Avril 2026•Mise à jour: 16 Avril 2026
AA / Istanbul / Adama Bamba
L’avocat de Claude Guéant a indiqué mercredi que son client était disposé à fournir un « complément d’attestation » en réponse à d’éventuelles nouvelles accusations de Nicolas Sarkozy, jugé en appel dans le cadre du dossier libyen.
Dans une déclaration à la presse française, Me Philippe Bouchez El Ghozi a souligné que « la mémoire peut parfois jouer des tours lorsqu’on est mis sur la sellette », évoquant les tensions apparues entre l’ancien président français et son ex-bras droit.
Lors de l’audience du mardi 14 avril, la défense a produit une attestation écrite de Claude Guéant, absent pour des raisons de santé. Dans ce document, l’ancien ministre, aujourd’hui octogénaire, prend clairement ses distances avec Nicolas Sarkozy, après les doutes exprimés à son encontre par ce dernier.
Selon Me Bouchez El Ghozi, « cette rupture a été provoquée non pas par Claude Guéant, mais par Nicolas Sarkozy », accusé d’avoir adopté une nouvelle stratégie visant à mettre en cause son ancien collaborateur. L’avocat estime que cette ligne de défense vise à « se défausser » et à nier toute connaissance des demandes libyennes concernant la situation judiciaire d’Abdallah Senoussi, dignitaire du régime de Mouammar Kadhafi.
Il a insisté sur le fait que « tout ce que Claude Guéant a entrepris a toujours été sous l’autorité et sur instructions de Nicolas Sarkozy ».
En première instance, Nicolas Sarkozy a été condamné à cinq ans de prison pour association de malfaiteurs. La justice lui reproche notamment d’avoir permis à Claude Guéant et à Brice Hortefeux de rencontrer secrètement Abdallah Senoussi, condamné à perpétuité pour l’attentat du DC-10 d’UTA en 1989, qui avait fait 170 morts, dont 54 Français. Cette rencontre aurait eu pour objectif de sceller un « pacte de corruption ».
Les principaux concernés contestent toutefois ces accusations, affirmant avoir été « piégés » et soutenant que Nicolas Sarkozy n’était pas informé de ces échanges.
Me Bouchez El Ghozi a par ailleurs estimé que la stratégie consistant à incriminer Claude Guéant « ne lui apportera pas d’avantages devant la cour, mais pourrait au contraire lui nuire ». Il a également prévenu que toute nouvelle accusation donnerait lieu à un complément d’attestation.
De leur côté, les avocats de Nicolas Sarkozy ont choisi de ne pas s’exprimer dans les médias, préférant s’en tenir au strict cadre de la procédure judiciaire, indique la source.