Serap Doğansoy
09 Septembre 2026•Mise à jour: 09 Septembre 2026
Anne Hidalgo a déclaré mercredi regretter de ne pas avoir participé aux réunions organisées dans les écoles touchées par le scandale des violences sexuelles dans le périscolaire parisien, tout en défendant l’action menée sous ses mandats.
« Je suis aux côtés des familles des victimes, je partage leur douleur », a affirmé l’ancienne maire socialiste de Paris sur France Inter.
« Malgré tous les processus » instaurés par la Ville, « des prédateurs sont passés entre les mailles du filet et ont agressé sexuellement des enfants », a-t-elle reconnu, évoquant « une blessure et une douleur ».
Anne Hidalgo a toutefois estimé que les faits la visant ne relevaient pas d’une qualification pénale et rejeté les accusations selon lesquelles la municipalité aurait laissé sans suite les alertes et recommandations formulées depuis 2015.
Elle a indiqué avoir répondu aux courriers reçus, tout en regrettant de ne pas avoir assisté aux réunions organisées dans les établissements à partir du printemps 2025. Elle a expliqué cette absence par la structuration de la réponse municipale et la campagne pour les élections municipales.
L’ancienne maire a également affirmé avoir demandé dès 2015 un rapport à l’Inspection générale de la Ville et obtenu du parquet l’accès aux fichiers des auteurs d’infractions sexuelles pour contrôler les recrutements. Elle a appelé à modifier la loi afin de mieux prendre en compte la parole des enfants.
Dix-sept familles ont déposé une plainte contre la Ville et sept responsables actuels ou anciens, dont Anne Hidalgo, son successeur Emmanuel Grégoire et l’ancien premier adjoint Patrick Bloche. Elles dénoncent notamment une mise en danger de la vie d’autrui, une non-assistance à personne en péril et une non-dénonciation d’atteintes sexuelles sur mineurs.
Plus de 200 enquêtes pénales sont en cours concernant des écoles primaires et des crèches parisiennes. Depuis le début de 2026, la Ville a suspendu 132 animateurs, dont 52 pour des soupçons de violences sexuelles ou sexistes.
Anne Hidalgo doit être entendue la semaine prochaine par la commission d’enquête du Sénat sur les violences dans le périscolaire.