Majdi Ismail
05 Janvier 2021•Mise à jour: 05 Janvier 2021
AA/ New York
Les Nations unies ont déclaré, mardi, qu'elles n'étaient « pas encore certaines du démantèlement complet du programme d'armes chimiques en Syrie ».
C’est ce qui ressort de l’intervention de la Haute-Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement, Izumi Nakamitsu, devant le Conseil de sécurité de l'ONU.
Nakamitsu a souligné la nécessité de « mettre en œuvre le principe de responsabilité pour tous ceux qui ont utilisé ces armes en Syrie ».
Le Conseil de sécurité de l'ONU tient actuellement une séance par visioconférence sur l’application de la résolution 2118 du Conseil au sujet de l'élimination du programme d'armes chimiques syrien.
Le Conseil de sécurité a adopté cette résolution en septembre 2013, relative aux armes chimiques syriennes, à la suite du massacre perpétré par le régime dans la Ghouta orientale au mois d’août de la même année.
Dans son intervention au cours de la séance, la responsable de l'ONU a fait savoir « qu’il reste encore 19 questions en suspens liées au programme chimique syrien ».
« Parmi celles-ci, une installation pour la production d'armes chimiques (dont l’emplacement n'a pas été révélé par la responsable onusienne), que Damas a affirmé qu'elle n'avait jamais servi à produire des armes chimiques, mais nos données privées que nous avons recueillies depuis 2014, indiquent tout le contraire», a fait observer la Haute-Représentante des Nations Unies pour les affaires de désarmement.
« Nos informations indiquent que des produits chimiques affectant les nerfs ont été produits et préparés sur ce site (l'installation de production d'armes chimiques) », a-t-elle assuré.
Et d’ajouter, « nous avons demandé à Damas de divulguer les types et les quantités de ces produits chimiques, et pour autant que je sache, la Syrie n'a pas répondu à notre demande ».
« Nous considérons toujours que l’annonce de la Syrie sur le démantèlement complet de son programme d'armes chimiques est inexacte et incomplète », a estimé la responsable onusienne.
Nakamitsu a averti les membres du Conseil de sécurité que « si tous ceux qui ont utilisé des armes chimiques en Syrie ne sont pas tenus pour responsables, alors le danger persistera pour tout le monde ».
L'article 21 de la résolution 2118 du Conseil de sécurité dispose l’incrimination de quiconque utilise des armes chimiques, en vertu du Chapitre VII de la Charte des Nations Unies.
Cette résolution a été adopté après que la Ghouta orientale et Mouadamiyat al-Cham dans la Ghouta occidentale de Damas (sud de la Syrie), ont été attaquées le 21 août 2013, par des missiles transportant du gaz sarin et du gaz innervant, qui ont tué plus de 1450 personnes, dont la plupart des enfants.
*Traduit de l’arabe par Majdi Ismail