Gordana Simovic,Lejla Bıogradlıja,Tuncay Çakmak
08 Mai 2019•Mise à jour: 09 Mai 2019
AA - Mostar (Bosnie-Herzégovine)
Fata Husic (111 ans), habitante de la ville bosniaque de Mostar, a débuté le jeûne du Ramadan à l’âge de 7 ans et a suivi le rite islamique durant 104 ans. Aujourd’hui, elle et toujours aussi déterminée à jeûner.
La centenaire a partagé à un correspondant de l’Agence Anadolu (AA) son amour pour le mois du Ramadan.
Indiquant avoir commencé à jeûner et prier à un très jeune âge, Husic déclare continuer à respecter le rite du jeûne du Ramadan tant que sa santé le lui permettra.
"Allah nous donne la patience de résister à la faim et la soif tous les mois de Ramadan. Si Allah me le permet, cette année aussi je vais jeûner", affirme-t-elle.
La vieille dame ne se contente pas de jeûner, elle continue de prier 5 fois par jour, comme le veut la religion musulmane, "et dans mes temps libres, je prends mon chapelet et invoque Allah".
Mais tout n’est pas facile pour elle : "A cause de mon âge avancé, je passe une partie de la journée à dormir, je n’arrive donc pas à m’occuper de tout comme avant. Les repas du Ramadan sont préparés par mes filles et mes petites-filles. Même si elles choisissent des repas plus modernes, je leur rappelle parfois nos traditions plus anciennes", explique-t-elle.
Fata Husic raconte par exemple que le "Halva" (composition pâtissière de tradition turque à base de "tahin" (crème de sésame), plutôt sèche, dense et friable) occupe une place centrale dans la tradition bosniaque.
"A l’époque, tous les vendredis nous préparions du Halva et le distribuions à nos voisins", se souvient-elle.
- "Je n’ai jamais arrêter de pratiquer les rites de ma religion"
Pour la vieille dame, le jeûne du Ramadan ce n’est pas seulement se priver de manger et de boire, "jeûner c’est en réalité patienter et faire preuve de compréhension envers les autres".
"Les relations entre voisins sont très importantes. Si vous agissez de manière bonne, vous serez récompensés de la même manière. Je suis très triste aujourd’hui de voir les gens agir mal", poursuit-elle.
Fata Husic a également partagé un souvenir concernant son père.
"Ma mère et ma grand-mère ont envoyé mon père combattre lors de la 1ère Guerre Mondiale avec 3 choses : des prières, en faisant le jeûne et en aidant les plus pauvres. Je suis convaincue que ce sont ces 3 choses qui ont permis que mon père rentre après la guerre".
Alors elle n’était qu’une enfant, mais elle se souvient très bien de la 2nde Guerre Mondiale et de la Guerre de Bosnie.
"Malgré toutes les difficultés, je n’ai jamais abandonné de prier et de faire le jeûne", assure-t-elle.
"J’invite toujours les jeunes à ne pas négliger leur pratique religieuse et je souligne l’importance du jeûne, de la prière et des dons", explique-t-elle encore.
"A chaque fête du Ramadan, j’essaie de faire vivre les traditions que ma mère m’a enseignée. Je prépare des baklava (dessert). J’aime la fête parce qu’on se retrouve et on est nombreux", dit-elle avant de souhaiter un bon Ramadan à tous les Musulmans de monde entier.