Ekip
22 Juillet 2021•Mise à jour: 22 Juillet 2021
AA / Berlin / Oliver Towfigh Nia
La chancelière allemande Angela Merkel a appelé, jeudi, à un renforcement des restrictions sur les exportations de logiciels espions, à la suite des révélations sur l'utilisation de logiciels espions de fabrication israélienne contre des hommes politiques, des militants des droits de l'homme et des journalistes.
"Il est important que les logiciels configurés pour des situations particulières n'atterrissent pas dans de mauvaises mains, ce qui signifie qu'il devrait y avoir des conditions très restrictives", a déclaré Angela Merkel aux journalistes à Berlin.
"Dans les pays où le contrôle judiciaire de ces programmes n'est pas garanti, ces logiciels ne devraient pas non plus être vendus", a-t-elle ajouté.
En début de semaine, des groupes de journalistes allemands ont demandé à savoir si le logiciel d'espionnage était également utilisé contre des journalistes allemands.
Évoquant un "scandale sans précédent en matière de surveillance", Frank Ueberall, président de la Fédération allemande des journalistes (DJV), basée à Berlin, a déclaré dans un communiqué que les autorités devraient préciser si le tristement célèbre logiciel Pegasus de la société israélienne NSO a également été utilisé contre des journalistes allemands.
NSO, accusée de fournir des logiciels espions aux gouvernements, a été associée à une liste de dizaines de milliers de numéros de smartphones, dont ceux de militants, de journalistes, de chefs d'entreprise et d'hommes politiques du monde entier, cibles potentielles du logiciel Pegasus.
La société de surveillance NSO et son logiciel malveillant Pegasus - capable d'allumer la caméra ou le microphone d'un téléphone, et de récolter ses données - font la une des journaux depuis 2016, lorsque des chercheurs l'ont accusé d'avoir aidé à espionner un dissident aux Émirats arabes unis.
Monique Hofmann, la présidente de l'Union allemande des journalistes, a appelé à des restrictions sur les exportations de technologies de surveillance.
"Les États autoritaires utilisent Pegasus pour faire taire les voix critiques et celles de l'opposition. Les logiciels d'espionnage ne doivent pas être fournis à des pays dans lesquels les droits de l'homme sont violés de manière répétée", a-t-elle déclaré.
À l'aide de nouvelles données fournies par l'organisation journalistique à but non lucratif "Forbidden Stories" et Amnesty International, le "Organized Crime and Corruption Reporting Project" et des partenaires médiatiques du monde entier se sont employés à identifier les personnes susceptibles d'avoir été victimes de Pegasus et à révéler leur histoire.
NSO affirme que le logiciel n'a été "vendu qu'aux organismes chargés de l'application de la loi et aux services secrets de gouvernements dûment vérifiés, dans le seul but de sauver des vies humaines en empêchant les crimes et les actes de terrorisme".
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj