Wassim Samih Seifeddine
28 Avril 2021•Mise à jour: 28 Avril 2021
AA / Beyrouth
Le président libanais Michel Aoun a exprimé, mercredi, son refus à ce que son pays soit un point de passage et de ce qui pourrait nuire à l'Arabie saoudite et aux États du Golfe.
C'est ce qui est ressorti de ses propos lors d'une rencontre au palais Baabda, à l'est de Beyrouth, avec une délégation de membres du conseil d'administration de l'Association des industriels, en présence du ministre de l'Industrie Imad Hoballah, rapporte un communiqué de la présidence, dont une copie est parvenue à l'Agence Anadolu.
Le ministère saoudien de l'Intérieur avait annoncé, vendredi dans un communiqué, l'interdiction d'entrée des fruits et légumes libanais à son territoire, à compter de dimanche, suite à la saisie de cargaisons remplies de stupéfiants dans le Royaume.
"L'Arabie saoudite est un pays frère et nous souhaitons préserver cette coopération économique. Nous déployons de grands efforts pour déterminer les circonstances de cet incident et remettre les choses sur la bonne voie", a déclaré Aoun.
Et d'ajouter : "Nous refusons que le Liban soit un point de passage pour ce qui pourrait nuire aux pays arabes frères en général, à l'Arabie saoudite et aux États du Golfe en particulier".
De son côté, Hoballah a souligné, selon le même communiqué, ''l'importance et la nécessité de discuter cette question, de revoir les choses et de traduire les personnes impliquées dans cette affaire devant la justice".
Dans ce même contexte, il a exprimé son souhait "de participer au resserrement du contrôle effectué par les douanes et dans les différentes institutions concernées pour lutter contre la contrebande".
Chaque année, l'Arabie saoudite importe plus de 50 000 tonnes de produits agricoles en provenance du Liban, selon une déclaration précédente du président de l'Association des agriculteurs et paysans libanais, Ibrahim Tarshishi.
Dimanche, l'ambassadeur de Riyad à Beyrouth, Walid Al-Bukhari, a annoncé dans une déclaration télévisée que le Royaume a saisi en 6 ans plus de 600 millions de comprimés de stupéfiants et des centaines de kilogrammes de hachich (cannabis) en provenance du Liban.
L'interdiction saoudienne intervient à un moment où le Liban subit depuis plus d'un an la pire crise économique depuis la fin de la guerre civile en 1990, en plus des répercussions de la pandémie du coronavirus et de l'explosion du port de Beyrouth le 4 août 2020.
* Traduit de l'arabe par Hajer Cherni.