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06 Juillet 2021•Mise à jour: 06 Juillet 2021
AA / Istanbul
L'Éthiopie a exprimé, mardi, son rejet de ce qu'elle a qualifié d'"ingérence importune" de la Ligue arabe dans la crise du Barrage de la Renaissance.
C’est ce qui ressort d’un communiqué du ministère éthiopien des Affaires étrangères, en réponse à une lettre de la Ligue arabe à l’adresse de l'Assemblée générale des Nations unies et au Conseil de sécurité, soutenant les positions de l'Égypte et du Soudan concernant la crise du Grand Barrage de la Renaissance.
"Le vice-Premier ministre, ministre des Affaires étrangères d'Éthiopie, Demeke Mekonnen, a envoyé une lettre au président du Conseil de sécurité, lundi, dans laquelle il affirme que son pays était déçu par la Ligue des États arabes, pour s'être adressée à l'ONU sur une question qui ne relève pas de ses compétences", peut-on lire dans le communiqué du ministère éthiopien des Affaires étrangères.
Et d’ajouter "la Ligue arabe est réputée pour son soutien inconditionnel à toute revendication faite par l'Égypte sur la question du Nil".
Mekonnen a également mis en garde contre "l'approche de la ligue arabe qui menace, selon lui, de saper les relations amicales et coopératives avec l'Union africaine".
La lettre de Mekonnen indiquait aussi que l'Union africaine, en tant qu'organisation conjointe entre l'Éthiopie, l'Égypte et le Soudan, "fournit au trio une plate-forme pour négocier (sur la crise des barrages) et parvenir à un résultat gagnant-gagnant, guidé par la conviction de trouver des solutions africaines aux défis du continent".
Addis-Abeba a, en ce sens, réaffirmé son "engagement maximal pour le succès du processus mené par l'Union africaine", appelant l'Égypte et le Soudan à "rester fidèles aux négociations en cours guidées par l'Union africaine".
L’Ethiopie a réitéré sa demande à la communauté internationale d'encourager l'Egypte et le Soudan à adhérer aux principes acceptés du droit international concernant l'utilisation des ressources en eau transfrontalières.
Le Conseil de sécurité doit tenir une session, jeudi, à la demande des Etats riverains du Nil, (l'Egypte et du Soudan), qui sera la deuxième du genre, après une session tenue il y a un an, et qui s'est achevée sur l’appel des protagonistes au dialogue, sous la houlette de l'Union africaine.
Dans deux communiqués distincts des ministères de l'irrigation des deux pays, l'Égypte et le Soudan ont annoncé que l'Éthiopie leur avait officiellement notifié le début du deuxième remplissage du "barrage de la Renaissance", lundi, soulignant leur rejet de cette décision. Il s’agit selon eux, d’une "violation flagrante" du droit international et de l'accord de principes, signé entre les trois pays, sur la crise du barrage.
*Traduit de l’arabe par Wejden Jlassi.