AA/Phnom Penh/ Umur Kojak Smaïz
La police cambodgienne a arrêté la semaine dernière une habitante de la province de Kaoh Kong dans l’ouest du pays, accusée d’avoir enchaîné sa fille adoptive de quatre ans à un poteau pendant deux années.
« La police a pris d’assaut la maison et sauvé la petite fille après une alerte lancée par les voisins » a annoncé le journal cambodgien « Phnom Penh » .
Un des voisins qui ont porté plainte à la police raconte avoir « senti une grande tristesse à cause de la pauvre fillette qui était obligée de boire ses urines pour étancher sa soif. Il est du droit des enfants de vivre dans un environnement d’amour au lieu d’être enchainés comme des chiens »a-t-il encore dit.
La mère adoptive, dont l’identité n’a pas été révélée, a déclaré de son côté, qu’elle était obligée de travailler dans les champs et qu'elle enchaînait la petite fille pour éviter que celle-ci ne se perde.
Après avoir eu lecture des droits de l’enfant, l’accusée, analphabète, a apposé ses empreintes digitales sur un document par lequel elle s’engageait à ne plus traiter l’enfant de la même manière, après quoi elle a été libérée.
« Il est contraire à la loi d’enchaîner un enfant et de le laisser seul » a déclaré Pon Beel, expert dans les services sociaux ajoutant que la dame aurait pu emmener la fillette avec elle dans les champs ou demander à quelqu’un de la surveiller « mais l’attacher à un poteau et la laisser toute seule ne peut que porter un lourd préjudice à l’état psychologique de l’enfant »a-t-il souligner.
Le même expert a révélé que la fillette avait été «vendue» par sa mère biologique à la mère adoptive pour éponger des grosses dettes qu’elle lui devait. Il a en outre annoncé que, contactée par les services sociaux, la mère biologique a déclaré qu’elle était trop pauvre pour pouvoir reprendre son enfant.
Dans une déclaration à Anadolu le président des institutions de la société civile en charge de la femme et de l’enfant, Tchan Skunty, a indiqué que la petite fille a été confiée à un foyer pour enfants et que ces institutions ont demandé au tribunal de faire comparaître la coupable devant la justice
Il est à noter qu’au Cambodge les enfants sont souvent considérés comme des biens qu’on peut vendre pour faire payer ses dettes, l'acquéreur a ainsi une main d'oeuvre gratuite.
Le mois dernier les autorités cambodgiennes ont arrêté un couple pour avoir commis des "sévices" contre deux sœurs que le couple avait acquises de la même manière, l’une âgée de 14 ans et l’autre de seulement 7ans.