Barry Ellsworth
22 Mai 2024•Mise à jour: 23 Mai 2024
AA / Trenton, Canada / Barry Ellsworth
La décision du procureur général de la Cour pénale internationale (CPI) de solliciter la délivrance de mandats d'arrêt à l'encontre des dirigeants d'Israël et du Hamas comme s'ils étaient égaux est "troublante", a déclaré, mardi, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau.
Mais cela ne remet pas en cause l'attachement du Canada au droit international, a-t-il ajouté.
"J'ai dit dès le début combien il était important que tout le monde respecte le droit international", a déclaré Trudeau lors d'une conférence de presse, a rapporté CBC News.
"Ce que je trouve troublant, cependant, c'est le sentiment d'équivalence entre les dirigeants démocratiquement élus d'Israël et les terroristes assoiffés de sang qui dirigent le Hamas. Je pense que cela n'est pas opportun", a-t-il ajouté.
Le Hamas figure sur la liste des organisations terroristes établie par le Canada.
Karim Khan, procureur général de la CPI, a déposé lundi une requête en délivrance de mandats d'arrêt à l'encontre des dirigeants d'Israël et du Hamas en raison de la conduite de la guerre entre les deux parties.
Les personnes visées par ces mandats sont le premier ministre israélien Benyamin Netanyahu et le ministre de la défense Yoav Gallant, ainsi que le chef du Hamas à Gaza, Yahya Sinwar, le chef militaire Mohammed Deif et le chef du bureau politique Ismaïl Haniyeh.
Netanyahu et Gallant sont accusés de divers crimes commis pendant la guerre entre Israël et le Hamas qui a éclaté le 7 octobre de l'année dernière. Les trois dirigeants du Hamas sont accusés de crimes commis à la fois en Israël et à Gaza.
Trudeau n'est pas allé aussi loin dans sa critique de la CPI que l'ont fait les États-Unis, qui ont carrément rejeté l'équivalence entre Israël et le Hamas.
S'adressant aux journalistes à Ottawa, la ministre des affaires étrangères, Mélanie Joly, a déclaré que le Canada continuait à respecter l'indépendance de la CPI, mais qu'il serait attentif à la suite des événements.
"Toutes les parties doivent s'assurer qu'elles respectent le droit international", a déclaré Joly, selon la CBC, ajoutant : "Nous suivons de près le processus".
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj