Hatem Kattou
13 Août 2020•Mise à jour: 14 Août 2020
AA / Montréal / Hatem Kattou
Le parti politique canadien d’opposition, « Le Bloc Québécois », déposera une motion de censure au parlement d’ici l’automne, lors de la rentrée parlementaire, si le Premier ministre fédéral, Justin Trudeau, ne démissionnera pas d’ici la, a annoncé, mercredi, à Ottawa, le chef du parti, Yves-François Blanchet.
Cet ultimatum ne concerne pas uniquement le Premier ministre, mais aussi le ministre des Finances, Bill Morneau, impliqué fortement dans l’affaire UNIS pour conflit d’intérêts à l’instar de Trudeau, ainsi que la cheffe de cabinet de ce dernier, Katie Telford, dont le mari serait également impliqué dans une autre affaire de conflit d’intérêts.
« Pour le bien du Québec et du Canada, ils devraient tous les trois se retirer », a lancé tout de go, Blanchet, devant les journalistes à Ottawa.
Outre l’affaire UNIS, le Bloc québécois motive sa décision et sa perte de confiance en le gouvernement par l’utilisation de la subvention salariale par le Parti libéral du Canada à hauteur de près de 2 millions de dollars.
L’affaire UNIS a émergé lorsque des médias ont rapporté que des proches de Trudeau (sa mère et son frère) ont reçu la comme de 300 mille dollars pour avoir participé en tant que conférenciers à des manifestations organisées par UNIS, une association caritative qui a bénéficié, avant annulation, d’un contrat de plusieurs centaines de millions de dollars pour gérer le Programme de Bourse canadienne pour le bénévolat étudiant.
Notons, par ailleurs, que le Bloc Québécois a 32 députés sur les 338 que compte la chambre des communes, chambre basse du parlement canadien.
Le Parti conservateur, première force d’opposition, avec 121 députés, avait également réclamé le départ de Justin Trudeau, toujours sur fond de l’affaire UNIS, mais sans pour autant évoquer de motion de censure.
Réagissant à la motion de censure revendiquée par le Parti Québécois, un député conservateur a indiqué mollement : « On verra en fonction de la situation, on verra si le Bloc québécois met en exécution sa motion qu’il veut déposer. Et notre prochain chef pourra, avec son équipe, regarder de son côté ».
Le Parti Conservateur élira au cours des prochaines semaines, un nouveau chef, après la démission de l’ancien, Andrew Scheer., qui a démissionné après les Législatives d’octobre dernier.
De son côté, le député libéral et ministre des Affaires étrangères, François-Philippe Champagne, présent, mercredi à la cambre des communes, a réagi à cette annonce en soulignant que « le Bloc devrait se pencher sur d’autres enjeux. On aimerait que les gens du Bloc québécois gardent le cap, parlent des enjeux qui concernent les Québécois et les Québécoises ».
Notons que le succès de la motion de censure sera synonyme de l’organisation d’élections législatives fédérales anticipées ; les dernières ayant été tenues en octobre dernier et ont généré une majorité simple en faveur du Parti Libéral conduit par Trudeau et la formation d’un gouvernement minoritaire.