Meltem Bulur,Tuncay Çakmak
29 Décembre 2016•Mise à jour: 30 Décembre 2016
AA - Ankara - Tuncay Çakmak
Le ministre turc des Affaires Etrangères, Mevlut Cavusoglu, a répété une nouvelle fois avec insistance que les Etats-Unis ont déjà fourni des armes au PYD-YPG, branche syrienne de l’organisation terroriste PKK.
Mevlut Cavusoglu était l’invité, jeudi, de la TV turque A HABER.
Il a répondu aux questions relatives à l’actualité, notamment sur la Syrie et l’opération Bouclier de l’Euphrate menée par l’Armée turque en soutien à l’Armée Syrienne Libre (ASL) contre Daech dans le nord de la Syrie.
Il a d’abord souhaité répondre aux déclarations de la veille de Johan Bass, ambassadeur américain à Ankara.
"Depuis un certain temps, la Coalition Internationale dans laquelle se trouvent les Etats-Unis, n'apporte pas de soutien aérien à l'Opération Bouclier de l'Euphrate en Syrie. Jusqu'à ce jour, les Etats-Unis ont fournis des armes au YPG. Point !"
L’ambassadeur Bass avait, d’un langage très direct, rejeté les affirmations du gouvernement turc concernant l’aide militaire des Etats-Unis au YPG.
Le ministre turc a donc souhaité lui répondre sur le même ton.
"C’est très clair. Les Etats-Unis ont fourni des armes au YPG pour la lutte contre Daech, ils le savent, nous le savons et le monde entier le sait. Nous avons des preuves qui le démontrent", a-t-il poursuivi.
Le chef de la diplomatie turque a aussi critiqué le fait que la Coalition Internationale contre Daech, menée par les Etats-Unis, n’apporte pas de soutien aérien aux forces turques qui combattent Daech à Al-Bab, dans le nord de la Syrie, un des fiefs de l’organisation terroriste.
"Je tiens à rappeler que les jets américains et des autres pays utilisent notre base militaire d’Incirlik à Adana (sud). Que les conditions météorologiques ne permettent pas les vols un jour, je veux bien l’entendre, mais après ? Je le dis clairement, parce que je l’ai dit à mon homologue John Kerry, le YPG met la pression sur les américains pour qu’ils n’interviennent pas et qu’ainsi ils puissent poursuivre le projet visant à relier les cantons autoproclamés dans le nord de la Syrie. Le YPG veut y créer un corridor du terrorisme", a-t-il affirmé.
Selon Mevlut Cavusoglu, les Etats-Unis, qui souhaitent utiliser le YPG pour la future opération à Rakka, sont mis au pied du mur par le YPG qui leur demande de ne pas soutenir les opérations turques.
Le ministre est ensuite revenu sur les discussions avec Moscou pour un cessez-le-feu élargi à l’ensemble du territoire syrien.
Il a souhaité annoncer que le cessez-le-feu peut entrer en vigueur "à tout moment", expliquant que Moscou et Ankara veulent qu’il soit effectif avant le nouvel an.
"La Turquie et la Russie vont être les pays garants pour l’opposition. Pour le régime, la Russie va être garante bien sûr. L’Iran, lui, est très proche du régime et des milices qui viennent d’autres pays, comme le Hezbollah, en conséquence l’Iran aussi sera garant de l’accord", a-t-il expliqué.
Cavusoglu a aussi voulu éclaircir la question de l’avenir de Bachar Al Assad.
"Nous n’avons en aucun cas discuté avec nos partenaires de l’avenir de Bachar Al Assad. Notre position est la même, nous ne pensons pas qu’un homme responsable de la mort de 600 000 syriens puisse rester au pouvoir", a-t-il fait savoir.
Pour finir, le ministre des Affaires Etrangères a indiqué qu’il n’est pas question pour le moment que les soldats turcs participent aux opérations militaires à Mossoul en Irak.