Serap Doğansoy
19 Juin 2026•Mise à jour: 19 Juin 2026
AA / Istanbul / Serap Dogansoy
Des membres de la Coordination nationale Armée bolivarienne (CNEB), groupe dissident des ex-FARC, ont déposé symboliquement leurs armes jeudi dans le département du Putumayo, dans le sud de la Colombie, dans le cadre d’un accord conclu avec le gouvernement du président Gustavo Petro.
Sous la supervision d’organismes internationaux et de l’Église catholique, les combattants ont rejoint une zone de regroupement où ils doivent rester durant dix mois avant un désarmement définitif et la clarification de leur situation juridique. Cette zone, aménagée sur d’anciennes terres de culture de coca, est surveillée par l’armée.
Le CNEB est la seule guérilla à avoir poursuivi les négociations engagées dans le cadre de la politique de « paix totale » lancée par Gustavo Petro en 2022. Les discussions avec l’Armée de libération nationale (ELN), d’autres dissidences des FARC et plusieurs groupes liés au narcotrafic ont été interrompues.
Selon les autorités, le groupe compterait entre 2.000 et 2.500 membres. Les combattants concernés obéissaient aux ordres de Walter Mendoza, ancien membre des FARC ayant signé l’accord de paix de 2016 avant de reprendre les armes en 2019.
Cette avancée, la plus significative obtenue jusqu’à présent dans le cadre de la stratégie de paix du gouvernement, intervient à trois jours du second tour de l’élection présidentielle. Les électeurs doivent choisir entre le sénateur de gauche Ivan Cepeda, favorable à la poursuite des négociations, et le candidat conservateur Abelardo de la Espriella, qui défend une approche plus sécuritaire face aux groupes armés.
Une alternance politique pourrait remettre en cause le processus engagé avec le CNEB ainsi que la suspension des mandats d’arrêt visant les combattants participant aux négociations.