Tarek Mohammed
24 Octobre 2018•Mise à jour: 25 Octobre 2018
AA / New York / Mohamed Tarek
Les Rohingyas dans l'Etat d'Arakan subissent toujours le génocide de la part des troupes du Myanmar, a déclaré mercredi le chef de la mission d'enquête de l'Organisation des Nations Unies (ONU), Marzuki Darusman.
Darusman s'est ainsi exprimé lors d'une conférence de presse conjointe avec la rapporteuse spéciale de l'ONU pour le Myanmar, Yanghee Lee, au siège de l'ONU à New York.
"La situation à Arakan n'a pas changé", a-t-il déclaré. "Le génocide continue d'être perpétré contre les Rohingyas. Les restrictions imposées par les autorités du Myanmar sont portées au degré de purification ethnique".
Selon l'ONU, depuis août 2017, quelque 826 mille musulmans appartenant à la minorité Rohingya ont fui au Bangladesh voisin pour échapper aux attaques et au "nettoyage ethnique" perpétrés par l'armée du Myanmar et des milices extrémistes bouddhistes.
Le rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l'homme au Myanmar a lancé un appel aux réfugiés Rohingyas dans les camps de la région de Cox's Bazar au Bangladesh.
"Je les exhorte à ne pas retourner (à Arakan) maintenant", a déclaré Lee. "Ce retour n'est pas possible pour le moment", a-t-elle constaté.
La responsable onusienne a, à cet effet, souligné le "déni total " de la Conseillère spéciale de l'État, Aung San Suu Kyi, de ce qui est arrivé aux Rohingyas.
"Depuis août 2017, il n'y a eu aucun changement à Arakan", a-t-elle ajouté. "La situation là-bas est similaire à celle de l'apartheid".
Lee a ainsi rapporté que "les gens étaient privés de la liberté de circulation et obligés de vivre dans des communautés distinctes de celles des autres groupes ethniques de la région".
Les attaques au Myanmar ont coûté la vie à des milliers de Rohingyas, selon des sources locales et internationales concordantes.