AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Un fichier de la boîte noire a été extrait de l'avion de la compagnie Germanwings, filiale de Lufthansa, qui s'est écrasé mardi près de la ville de Barcelonnette (Sud de la France), a confirmé le Bureau d'enquête et d'analyse (BEA), institution française chargée de l'étude de la boîte noire.
Lors du point de presse tenu mercredi, Rémi Jouty, directeur du bureau, a assuré que la première boîte noire de l'avion, enregistreur phonique des conversations entre les pilotes et le commandant de bord, dispose des données utilisables, malgré les dégâts qu'il a subis. Pourtant, il serait ''trop tôt'' pour tirer la ''moindre conclusion'' sur l'origine de l'accident à ce stade, a nuancé Jouty, n'écartant aucune hypothèse, sauf éventuellement celle de l'explosion. ''L'avion a volé jusqu'au bout'', d'après sa trajectoire, arrivant ainsi jusqu'à l'altitude du crash, à quelques centaines de mètres près, a-t-il précisé.
La boîte noire aurait notamment pu enregistrer les sons jusqu'au moment de l'accident, a laissé entendre le directeur du BEA, tout en soulignant qu'ils n'ont pas encore établi le timing précis du son.
Le BEA a par ailleurs démenti les rumeurs selon lesquelles la deuxième boîte noire de l'avion, enregistreur des paramètres, aurait été retrouvée mercredi dans l'après-midi, soulignant qu'aucun élément de la boîte elle-même n'a pu être repéré sur le site. Le président français François Hollande avait pourtant affirmé lors d'un point de presse tenu près de la zone du crash, que l'enveloppe de la deuxième boîte avait été détectée. Sa recherche sera donc la priorité des opérations sur place, a assuré Jouty.
S'exprimant depuis la commune de Seyne-les-Alpes, accompagné de la chancelière allemande Angela Merkel et du Premier ministre espagnol Mariano Rajoy, François Hollande a mis en relief que le peuple français est avec l'Espagne et l'Allemagne, les deux pays les plus touchés par le drame. ''Tout sera mis en œuvre pour identifier et remettre aux familles des victimes les corps'', a par ailleurs indiqué le président français.
Avant la conférence de presse, les trois chefs d'Etat ont rencontré les équipes de secours ainsi que les responsables de la gendarmerie et de la sécurité civile, pour avoir plus d'informations sur l'opération de recherche de l'épave de l'avion et des corps des 150 personnes qui étaient à bord.
Hollande, Rajoy et Merkel se sont ensuite rendus à la chapelle ardente et au mémorial érigés en hommage aux victimes, à Vernet et à Seyne-les-Alpes, les deux communes les plus proches du site du crash.
Le vol de Germanwings transportait des passagers ressortissants d'une dizaine de pays, outre les passagers allemands et espagnols majoritaires, a-t-on appris à la suite des précisions apportées par les responsables internationaux mais aussi de la part de Germanwings.
S'exprimant sur la chaîne d'info française BFMTV, le ministre français des Affaires étrangères Laurent Fabius, a fait savoir que parmi les nationalités confirmées, figurent des ressortissants argentins, australiens, belges, colombiens, danois, britanniques, israéliens, japonais, marocains, mexicains et néerlandais. Germanwings a par ailleurs assuré que deux ressortissants iraniens et deux autres Vénézuéliens sont aussi parmi les victimes.
Germanwings a par ailleurs dévoilé un nombre différent des victimes espagnoles, soit 35 ressortissants, contre le chiffre de 51 annoncé par le gouvernement espagnol.