Tarek Mohammed
08 Mai 2018•Mise à jour: 08 Mai 2018
AA/New York/Mohamed Tarek
Trois organisations de droits de l’homme ont appelé, mardi, le Conseil de sécurité à transmettre le dossier des Rohingyas, agressés par l’armée du Myanmar, à la Cour pénale internationale (CPI).
C’est ce qui ressort d’une conférence de presse, tenue au siège des Nations Unies à New York, par “Human Rights Watch”, “Amnesty International” et le “Centre International pour la responsabilité de protection”.
Les trois organisations ont indiqué que le Conseil de sécurité devrait transférer le dossier du Myanmar, impliquant les violations ethniques continues contre les Rohingyas, à la CPI.
Les autorités au Myanmar refusent d’attribuer aux Rohingyas leurs droits, dont la nationalité. Elles les considèrent comme étant des « migrants illégaux du Bangladesh ».
L’ONU a classé les Rohingyas comme étant « la minorité religieuse la plus opprimée dans le monde ».
Param-Preet Singh, directeur-adjoint à HRW a indiqué qu’« une équipe du Conseil de sécurité a visité, pendant la première semaine du mois courant, les camps de réfugiés au Bangladesh pour vérifier la situation de plus de 700 mille réfugiés Rohingyas ».
Ces Rohingyas avaient fui la violence de l’armée du Myanmar, commise à leur encontre en août dernier.
Singh a souligné que les diplomates ont promis de prendre des mesures, dès leur retour à New York.
« Le déni du Myanmar de sa responsabilité des crimes ainsi que l’impunité signifient que la Cour pénale internationale est devenue l’unique espoir des victimes », a ajouté Singh.
Washington qualifie la violence commise contre les Rohingyas de « nettoyage ethnique ».
Ces crimes avaient fait près de 9000 morts parmi les Rohingyas, jusqu’au 24 septembre 2017, selon l’organisation « Médecins sans frontières ».
Pour sa part, l’avocat à Amnesty International, Tawanda Mutasah, a indiqué que, conformément au Statut de Rome qui régit la Cour pénale internationale, la Cour ne pourrait agir que si l’Etat « n’a pas la volonté ou ne peut pas » enquêter sur les crimes.
Mutasah a assuré que le Conseil de sécurité devrait transférer l’affaire à la CPI.
Il a souligné que la procureure générale de la Cour, Fatou Bensouda, avait demandé de vérifier si la Cour pouvait prendre en charge le volet juridique de l’extradition des personnes, du Myanmar vers le Bangladesh.
Le directeur exécutif adjoint du « Centre international pour la responsabilité de protection », Savito Bondi, a assuré que le rejet des rapports détaillés sur les crimes par la dirigeante du Myanmar, Aung San Suu Kyi, prouve qu’elle n’a pas l’intention d’y remédier.
Elle a mis l’accent, pour sa part, sur la nécessité de transférer le dossier à la Cour pénale internationale.