Ümit Dönmez
31 Mai 2023•Mise à jour: 01 Juin 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Les deux tiers (66 %) des Français restent opposés à la loi de réforme des retraites, malgré sa promulgation le 15 avril dernier par le président Emmanuel Macron, selon une enquête Elabe réalisée pour BFMTV.
"Un peloton dont les effectifs sont en nette hausse en une semaine," rapporte la chaîne d'information, faisant état d'un bond hebdomadaire de sept points. Selon l'enquête Elabe, à l'exception des retraités, dont 53 % s'expriment en faveur de la réforme, les majorités de toutes les tranches d'âge s'opposent à la réforme des retraites, notamment au report de l'âge légal de départ à la retraite de 62 à 64 ans d'ici à 2030.
BFMTV rapporte que les professions intermédiaires constituent les plus grands opposants au projet (82 % de détracteurs après une hausse de 14 points) ainsi que les ouvriers (avec 79 % de critiques, en augmentation de huit points).
Par ailleurs, 59 % des commerçants, 65 % des cadres, et 75 % des 35-64 ans rejettent cette réforme.
Concernant les opinions politiques des Français, la chaîne d'information rapporte que 72 % des sympathisants d'Emmanuel Macron endossent les plans du chef d'État français, tandis que 88 % des sympathisants de Jean-Luc Mélenchon (LFI) et 79% de ceux de Marine Le Pen (RN) les combattent.
Selon l'enquête Elabe, 45 % des Français opposés à la réforme des retraites, soutiennent d'abord qu'"il ne faut pas repousser l'âge de départ à la retraite" alors que 44 % privilégient le caractère "injuste" de cette réforme, pour expliquer leur opposition.
"Au cœur de cette analyse : l'idée que ce sont surtout aux actifs les plus modestes que l'on demande de fournir des efforts supplémentaires, partagée par 55% de nos compatriotes", rapporte BFMTV.
Pour rappel, ce mercredi matin, par 38 voix contre 34, la Commission des affaires sociales de l'Assemblée nationale a décidé de supprimer l’article 1 de la proposition de loi sur l'abrogation de la réforme des retraites portée par le groupe Liot. Cet article constituait la principale proposition du projet de loi et visait à revenir à un âge légal de départ à la retraite à 62 ans, suite à la promulgation, le 15 avril, par le Président français Emmanuel Macron, de la réforme des retraites portant l'âge de départ minimum à 64 ans.
Les députés de gauche ont, ensuite, manifesté devant l'Assemblée nationale contre ce qu'ils ont qualifié de "manœuvres des macronistes" visant à empêcher le vote de l'ensemble des députés, en réunion plénière de l'Assemblée, sur la proposition de la loi d'abrogation de la réforme des retraites, prévue le 8 juin prochain.
Sur Twitter, le député LFI Alexis Corbière a déclaré que "les macronistes, alliés à la droite trichent, truquent, tripatouillent en Commission Affaires sociales pour empêcher l'ensemble des députés de voter le 8 juin, contre la retraite à 64 ans. Ils savent qu'ils seraient alors minoritaires dans l'hémicycle," a-t-il affirmé.
Une journée de mobilisation sociale à l'échelle nationale est prévue le 6 juin, à l'appel de l'intersyndicale.