Fatma Bendhaou
04 Mai 2021•Mise à jour: 04 Mai 2021
AA/Nice/Feiza Ben Mohamed
Les députés d’extrême-droite Marine Le Pen et Gilbert Collard ont été relaxés, mardi, par le tribunal de Nanterre, concernant la publication, sur leurs réseaux sociaux, d’images d’exactions commises par Daech.
Les accusés étaient poursuivis en vertu de l’article 227-24 du Code pénal qui établit que « le fait de diffuser un message à caractère violent, de nature à porter gravement atteinte à la dignité humaine est puni de trois ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende lorsque ce message est susceptible d'être vu par un mineur ».
La justice française a finalement considéré dans sa décision rendue ce mardi, que les deux députés n’ont pas versé dans le prosélytisme en publiant ces photos même si le caractère violent de leur contenu n’est pas contesté.
Le tribunal estime que Marine Le Pen et Gilbert Collard n’ont pas « banalisé » ou « présenté sous un jour favorable la violence ».
« C'est une grande victoire pour le droit car était en jeu dans ce dossier la liberté d'expression, cette liberté d'expression a été reconnue comme totale pour un responsable politique de premier rang » a déclaré l’avocat de la cheffe de file du Rassemblement National, cité par BFMTV.
Les photos, qu’Anadolu avait pu consulter au moment des faits, montraient notamment le corps décapité du journaliste américain James Foley, provoquant la colère de sa famille.
Au cours des audiences en début d’année, Gilbert Collard avait assuré n’avoir jamais porté atteinte à la dignité humaine en publiant les images.
Allant dans son sens, Marine Le Pen avait expliqué que « c’est le crime qui porte atteinte à la dignité humaine, ce n’est pas sa reproduction photographique ».
Le parquet avait requis 5000 euros d’amende pour chacun des mis en cause.