Bilal Müftüoğlu
22 Février 2017•Mise à jour: 23 Février 2017
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le monde est devenu "de plus en plus divisé et dangereux" en 2016 avec les "discours de haine" des dirigeants du monde entier, a alerté Amnesty International dans son bilan annuel.
Le rapport sur la situation des droits de l'Homme de l'ONG fait état d'un bilan sombre, compte tenu des tendances politiques globales concrétisées en particulier par l'élection de Donald Trump comme président des Etats-Unis.
"Si Donald Trump est emblématique d’une tendance mondiale à défendre des politiques toujours plus clivantes, d'autres dirigeants politiques ne l’ont pas attendu pour assumer des discours fondés sur la peur, l'accusation et la division et remporter le pouvoir", déplore ainsi Amnesty, s'en prenant à leur "rhétorique dangereuse".
Les droits de l'Homme ont ainsi été menacés par les "discours de haine" de ces dirigeants, alors que des gouvernements ont fermé les yeux sur les crimes de guerre, restreint le droit d'asile ou encore bafoué la liberté d'expression, affirme le rapport d'Amnesty.
Les réfugiés ont été les "premières victimes" du recul constaté en matière des droits humains, a relevé Amnesty, évoquant le décret présidentiel de Trump qui interdit aux réfugiés de s'installer aux Etats-Unis ou encore les restrictions imposées par le gouvernement australien obligeant les réfugiés à s'orienter vers les îles de Nauru et de Manus.
Amnesty a, par ailleurs, dénoncé les mesures prises contre la liberté d'expression soulignant que "partout dans le monde, des gouvernements restreignent les libertés publiques au nom de la lutte contre les menaces terroristes". La France et le Royaume-Uni ont été épinglés à cet égard, respectivement, pour un état d'urgence qui est maintenu depuis plus d'un an et les nouvelles lois sur la surveillance.
Dans son chapitre consacré à la France, Amnesty a déploré le maintien d'un "état d’exception qui menace les droits fondamentaux".
"De l’accueil des réfugiés, à la lutte contre les discriminations, en passant par la nécessité de responsabiliser les ventes d’armes… les engagements manquent pour que les droits de tous soient garantis et protégés", se désole l'ONG.