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15 Août 2020•Mise à jour: 15 Août 2020
AA/France/Fawzia Azzouz
Le président français Emmanuel Macron a refusé d’être accompagné par son homologue Michel Aoun pendant sa déambulation dans les rues dévastées de Beyrouth, a fait savoir samedi le président libanais au cours d’une interview à la télévision française.
Le chef de l’Etat a émis « le vœu de voir directement la population sans qu'on l'accompagne, sans que je sois avec lui », précise Michel Aoun à l’antenne de BFMTV.
Ce dernier estime pour autant ne pas être visé par les suggestions formulées par Emmanuel Macron qui invite la population libanaise à un changement politique sur fond de réformes.
Il « me connaît bien » a plaidé Michel Aoun, jugeant par ailleurs qu’il ne s’agit pas d’une ingérence dans les affaires politiques libanaises, mais d’une « aide ».
Ces déclarations sont à mettre en perspectives avec les récentes rumeurs relayées par la presse française et qui affirment qu’Emmanuel Macron souhaiterait un retour au pouvoir de l’ex premier ministre Saad Hariri.
Michel Aoun exclut enfin toute hypothèse de démission estimant que son départ mènerait à « un vide ».
Pour rappel, la visite et l’attitude d’Emmanuel Macron au Liban deux jours après la terrible explosion qui a dévasté la moitié de la ville a été adoubée par le philosophe controversé Bernard Henry-Levy, notamment impliqué dans le chaos syrien et libyen.
« La France doit donner un coup de pied dans la fourmilière, dire que ce n’est pas possible ce non-Etat. On parle d’Etat souverain, il n’y a pas d’Etat souverain au Liban, il y a un Etat communautarisé, confessionnalisé, qui arbitre entre des intérêts divergents, dénoncer cela, le dire au lendemain de cette catastrophe épouvantable, c’est juste. Macron a raison, il fallait que quelqu’un le dise » a déclaré Bernard Henry-Levy, farouche défenseur de l’interventionnisme français, à l’antenne de la chaîne LCI.