AA / Montréal / Hatem Kattou
Plusieurs dizaines de membres de la diaspora libanaise au Canada se sont rassemblés, mercredi soir, à Montréal, pour exprimer leur solidarité avec leur pays natal et rendre hommage aux victimes de la gigantesque explosion qui a secoué, la veille, le port de la capitale libanaise, Beyrouth, ont rapporté plusieurs médias locaux.
Rassemblées au square Dorchester dans le centre-ville de la métropole québécoise, les participants au sit-in, dévastés par l’ampleur de la déflagration, en particulier du lourd bilan meurtrier, ont brandi les drapeaux libanais et se sont recueillis à la mémoire des victimes en allumant des bougies.
De même, les noms des personnes décédés dans l’explosion ont été lues devant des participants abattus, dont certains étaient en pleurs, et d’autres qui étaient très critiques et sévères envers la « mauvaise gouvernance et la gabegie qui règne au Liban ».
Un des organisateurs de la veillée, Ghadi Elkoreh, a déclaré aux médias présents, que « Nous avons tous des gens qu’on aime, des amis, de la famille, des gens qui souffrent en ce moment. On a besoin de faire son deuil ».
« Faire son deuil tout seul dans son appartement, dans sa maison, c’est dur », a-t-il ajouté.
Sur un autre plan, les organisateurs du sit-in ont appelé, aussi bien les libanais de la diaspora que les canadiens souhaitant venir en aide à la suite de cet accident tragique, à faire des dons auprès de la Croix-Rouge canadienne qui coordonne avec son homologue libanaise pour faire acheminer les secours.
Par ailleurs, les organisateurs de cet évènement ont annoncé qu’un autre rassemblement, de deux heures (19h – 21h), est prévu ce jeudi, devant le consulat du Liban, à Montréal.
Le nombre des Canadiens d’origine libanaise s’élève à 220 mille personnes, et la communauté originaire du pays du cèdre est implantée essentiellement dans l’Ontario et le Québec.
Une double explosion a secoué, mardi après-midi, le port de la capitale libanaise, Beyrouth, faisant 137 morts, environ 5000 blessés, selon un bilan non-encore définitif annoncé par le ministre libanaise de la Santé, Hamad Hassan, à côté de plusieurs dizaines de personnes qui sont encore portées disparues.
Cet accident tragique, qui a détruit ou endommagé partiellement, plusieurs quartiers de Beyrouth et de ses banlieues, a laissé également quelque 300 mille personnes sans abri et provoqué des dégâts estimés, par le gouverneur de la capitale, Marwen Abboud à 10 milliards de dollars.
Selon des données préliminaires, l’accident aurait été causé par un incendie qui s’est déclaré au port et qui aurait atteint des entrepôts contenant des matériaux hautement explosifs (Nitrate d’ammonium), saisis depuis l’année 2014 et stockés dans l’un des entrepôts du port.
Cette explosion tragique vient approfondir la douleur d’un pays, qui souffre depuis plusieurs mois d’une grave crise économique, et d’une polarisation politique aiguë, dans un paysage marqué par une interférence de protagonistes régionaux et internationaux, aux visées opposées.