Rabia İclal Turan
05 Juin 2022•Mise à jour: 05 Juin 2022
AA / Istanbul
"La question du terrorisme n'est pas négociable pour Türkiye", a déclaré le directeur de la Communication de la Présidence turque.
Le responsable turc a signé, dimanche, un article du quotidien suédois Dagens Nyheter.
"La Suède doit opérer un changement de politique concret et permanent en matière de terrorisme", a-t-il écrit. Extrader les terroristes vers Türkiye et empêcher les organisations terroristes d'opérer sur le sol suédois sont nos conditions sine qua non."
Fahrettin Altun a souligné que si les préoccupations d'Ankara ne sont pas prises en compte, il n'y aura aucun moyen de "convaincre" le pays d'accepter l'adhésion des deux nations nordiques à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).
"L'actuelle Türkiye n'est pas l'ancienne Türkiye", a-t-il notamment insisté.
La Suède, ainsi que la Finlande, ont officiellement demandé à rejoindre l'OTAN le 18 mai, une décision motivée par la guerre de la Russie contre l'Ukraine, qui a débuté le 24 février.
Türkiye, membre de longue date de l'OTAN, a émis des objections à leurs demandes d'adhésion, leur reprochant de tolérer, voire de soutenir, des groupes terroristes tels que le PKK et FETO. L'adhésion requiert l'approbation unanime des 30 États membres de l'alliance.
"Désormais, il y a une Türkiye qui protège ses intérêts à tout prix et exige des relations au même niveau avec chaque interlocuteur sur chaque plateforme. Tout le monde devrait s'habituer à ce fait", a-t-il affirmé.
Fahrettin Altun a fait savoir que la protection des organisations terroristes sous couvert de "liberté d'expression" et d'"asile politique" jette une ombre sur la sincérité de la Suède.
"Dans les circonstances actuelles, il ne nous est pas possible d'expliquer au peuple turc comment et pourquoi nous ferons partie d'une alliance militaire avec un pays qui sert de refuge au PKK, qui a été impliqué dans l'assassinat d'Olof Palme (ancien Premier ministre suédois) et a mené des attaques suicides en Türkiye, ou à la FETO (Organisation terroriste Fetullah), qui a tenté un coup d'État et tué 251 personnes innocentes", a-t-il noté.
Fin mai, Türkiye a organisé à Ankara des consultations avec les délégations suédoise et finlandaise au sujet de leurs candidatures à l'OTAN. Le président turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré que les réunions n'avaient pas été "au niveau souhaité".
Au cours de sa campagne terroriste de plus de 35 ans contre Türkiye, le PKK, classé comme organisation terroriste par Türkiye, les États-Unis et l'Union européenne, a été responsable de la mort de plus de 40 000 personnes, dont des femmes, des enfants et des nourrissons.
FETO et son leader basé aux États-Unis, Fetullah Gulen, ont orchestré le coup d'État déjoué du 15 juillet 2016 en Türkiye, au cours duquel 251 personnes ont été tuées et 2 734 blessées.
Ankara accuse la FETO d'être à l'origine d'une campagne de longue date visant à renverser l'État en infiltrant les institutions turques, notamment l'armée, la police et le système judiciaire.
* Traduit de l'anglais par Alex Sinhan Bogmis