Nadia Chahed
21 Mars 2017•Mise à jour: 22 Mars 2017
AA/ Casablanca (Maroc)/Mohammed Taleb
Le Chef du gouvernement désigné au Maroc, Saâd Eddine El Othmani, a entamé, mardi, les consultations avec l’ensemble des partis politiques représentés au Parlement, en vue de former le prochain gouvernement.
A la surprise générale, El Othmani avait annoncé, lundi, par le biais du portail officiel de son parti, le "Parti de la Justice et du Développement"(PJD), qu’il va rencontrer tous les partis représentés au Parlement selon leurs résultats par ordre décroissant, y compris son rival le Parti "Authenticité et Modernité" (PAM).
Contrairement à ce qui a été annoncé mardi matin par l’ancien ministre de la Communication, Mustapha El Khalfi, les consultations, qui devraient être menées deux jours durant, vont se dérouler toutes en une seule journée. Au programme, des rencontres avec les cinq premiers partis représentés à l'Assemblée (PAM, Istiqlal, Rassemblement national des indépendants (RNI) avec l’Union constitutionnelle (UC), Mouvement populaire (MP) aujourd’hui suivi de l’Union socialiste des forces populaires (USFP) et le Parti pour le progrès et le socialisme (PPS).
Un responsable du PJD, Mohammed Zouiten, a affirmé dans une déclaration faite à Anadolu, que « ce changement a été décidé dans un souci d’accélération des consultations ».
Le PAM, second parti à la chambre des représentants, devait ouvrir le bal, « sauf que son Secrétaire général a été chargé d’une mission. De ce fait, on a décalé sa réunion au soir », a annoncé l'ex-ministre de la Communication, Mostafa El Khalfi, dans une déclaration à la presse.
Ce parti, qui avait fait le choix dès le lendemain des élections de se ranger du côté de l’opposition n’avait pas participé aux consultations avec l’ancien chef du gouvernement, Abdelilah Benkirane.
Celui-ci considérait que ce parti fondé en 2008 par l’actuel conseiller du roi Mohammed VI, Fouad Ali El Himma, constituait une ligne rouge pour le secrétaire générale du PJD.
L’ouverture sur ce parti pourrait être motivée par deux raisons selon les observateurs rencontrés sur place. Au moment où certains estiment que « c’est une manière par laquelle le nouveau chef du gouvernement désigné cherche à acter qu’il a une approche différente de son prédécesseur », d’autres voient en cette initiative « un moyen de pression sur le leader du RNI, Aziz Akhannouch, qui au nom d’une alliance de quatre partis (RNI, UC, MP et USFP) imposait ses conditions à Benkirane ».
Notons qu’arithmétiquement, le PJD et le PAM (126, 102) peuvent avoir la majorité à la chambre des représentants (198 sièges) et former une coalition.
Cette éventualité est à éloigner parce que le PAM reflète l'autoritarisme et le PJD ne peut pas jouer sa réputation.