Ekip
24 Avril 2023•Mise à jour: 24 Avril 2023
AA / Peter Kum
Au moins « huit éléments du CRS (Compagnies républicaines de sécurité) ont été blessés » dimanche dans la localité de Tsoundzou à l’île de Mayotte, a rapporté, dimanche, le site Comoresinfo.
D’après ce journal, les policiers ont été blessés lors des affrontements avec les populations dans le cadre de l’opération Wuambushu. Cette opération pour lutter contre l'immigration clandestine, qui doit débuter ce lundi 24 avril dans ce département français de l'Océan indien, a vu la mobilisation depuis vendredi de 1 800 agents des forces de l'ordre dans l'île occasionnant des tensions entre ces derniers et la population locale.
« Un camion a été brulé à Tsoundzou 1 », lundi, a rapporté Comoresinfo soulignant que cet acte « témoigne de la tension qui règne sur l’île ».
Lundi, les organisations syndicales et l’Union syndicale Solidaires du Mayotte ont exprimé, dans un communiqué, leur inquiétude par rapport à l’opération Wuambushu, « organisée par Gérald Darmanin (ministre français de l'Intérieur, NDLR) et validée par Emmanuel Macron, prévue à Mayotte à partir du 24 avril » et ont par ailleurs appelé « le gouvernement à arrêter toutes les mesures répressives ».
Selon cette coalition des syndicats, cette opération prévoit de détruire massivement des habitats précaires et de multiplier les arrestations et les expulsions quotidiennes jusqu’à plusieurs centaines de personnes migrantes issues des îles voisines, « or la situation à Mayotte, département français d’environ 300 000 habitants est déjà catastrophique ».
L'association Droit au logement (DAL) de France a aussi appelé les autorités françaises, dimanche, à stopper l'opération dite « Wuambushu », amorcée à Mayotte par le gouvernement pour endiguer la délinquance et l'immigration illégale, qu'elle qualifie de « brutale » et d'« anti-pauvres ».
Pour cette opération, la France avait annoncé en février qu’elle prévoit de déloger des migrants en situation irrégulière des bidonvilles de Mayotte, 101e département français, et d'expulser les sans-papiers, dont la plupart sont des Comoriens, vers Anjouan, l'île comorienne la plus proche située à 70 kilomètres.