Ümit Dönmez
03 Juin 2023•Mise à jour: 04 Juin 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
Le ministre français du Travail, Olivier Dussopt, s'est défendu, ce samedi, de tout favoritisme au sujet du procès qui se tiendra du 27 au 30 novembre prochain concernant l'attribution du marché de l'eau dans la ville d'Annonay (Ardèche), dont il était député maire.
"Il y a une enquête menée par le parquet national financier (PNF) après un article paru en 2020", a rappelé Olivier Dussopt, au micro de France Inter. "Le parquet a considéré qu'il y avait cinq points qui devaient être vérifiés", a-t-il ajouté.
Affirmant que quatre des cinq points "sont classés", le ministre du Travail a tenu à souligner que "rien ne le concerne en termes de corruption et de prise d'intérêt". À propos du cinquième point sur "un marché passé en 2009, il y a 14 ans, le parquet financier considère qu'il pourrait y avoir une forme de favoritisme".
"J'ai convaincu le parquet de ma bonne foi et de mon innocence sur les quatre premiers points, clame-t-il, et je compte bien convaincre le tribunal de ma bonne foi et de mon innocence sur le cinquième", a encore tenu à souligner le ministre du Travail, ajoutant qu'il n'est "ni essoré, ni fragile".
Pour rappel, Mediapart avait révélé ce procès à venir, en février dernier. Olivier Dussopt, maire de la ville d'Annonay de 2008 à 2017, est soupçonné d'avoir favorisé la Saur, un groupe spécialisé dans le traitement de l'eau, dans le cadre de l'attribution du marché de l'eau pour sa ville. L'enquête judiciaire a mis en évidence le fait qu'Olivier Dussopt s'est entretenu plusieurs fois avec les dirigeants de l'entreprise, alors que le marché n'avait pas encore été attribué.
Olivier Brousse, ancien dirigeant de la Saur, l'entreprise qui avait remporté le marché de gestion de l'eau et qui est soupçonnée d'avoir bénéficié de favoritisme, sera jugé pour "complicité de favoritisme". La Saur sera jugé, quant à elle, pour délit de "recel de favoritisme", en tant que personne morale. L'enquête devait vérifier de possibles faits de corruption et de prise illégale d'intérêt.
Mediapart avait révélé que cette entreprise de gestion de l’eau avait offert des œuvres du peintre Gérard Garouste en 2017 à Olivier Dussopt. La justice a ouvert une enquête suite à ces révélations.
"Contrairement à ce que le ministre du Travail a affirmé [...] la police a bien mis la main, lors d’une perquisition chez lui, sur des échanges compromettants avec l’un des leaders français de la gestion de l’eau. Le document, dont Mediapart révèle le contenu, est accablant : il montre des négociations occultes autour d’un marché public que le PNF considère aujourd’hui comme truqué", lit-on dans un article du média d'investigation. Les parties concernées réfutent les accusations, notamment de "corruption" et de "prise d'intérêts".