Ümit Dönmez
20 Juin 2023•Mise à jour: 20 Juin 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
La police française a commencé à expulser quelque 600 mineurs isolés qui ont installé un campement sur la Place du Palais-Royal à Paris, ce mardi soir, pour dénoncer l'indifférence des autorités françaises au sujet de leurs conditions de vie, selon le correspondant d'Anadolu, présent sur place.
Dans une vidéo de l'association "Les Midis du Mie", postée sur Instagram, l'association de défense des droits des personnes exilées a déploré les conditions de vie difficiles pour ces jeunes migrants, qui squattent l'école désaffectée de la rue d'Erlanger à Paris, faute de solutions de logement apportées par les autorités françaises.
"Cela fait plus de deux mois qu'on est dans l'école Erlanger, que les autorités nous laissent dépérir ici", a indiqué l'association, ajoutant qu'elle attend la décision du tribunal, qui devrait intervenir le 30 juin, suite au recours de la Ville de paris, demandant l'expulsion de ces mineurs isolés du bâtiment désaffecté.
Soulignant que la situation est devenue invivable pour ces mineurs en attente de reconnaissance de leur statut, Les midis du Mie appellent à une mise à l'abri d'urgence de ces jeunes qui "sont tous en recours" judiciaire, et donc "présumés mineurs". Plusieurs autres associations, notamment Utopia56 participent également à l'installation de ce campement en face du Conseil d'État, afin de mettre la lumière sur les conditions de vie déplorables de ces mineurs.
"On attend la réponse de l'État" français, ajoute l'association appelant à la solidarité populaire, notamment par la présence sur place des personnes se sentant concernées par la situation de ces jeunes, ainsi que par l'apport de nourriture et d'eau.
L'association s'interroge également sur une éventuelle intervention policière qui pourrait mettre fin à ce campement improvisé, en expulsant les personnes qui se trouvent sur la place du Palais-Royal.
Pour rappel, depuis plus de deux mois, ces jeunes migrants, âgés de 14 à 18 ans, s'entassent par centaines dans des conditions d'hygiène terribles, dans une école désaffectée de la rue Erlanger (16ᵉ arrondissement).
La justice étudie, depuis le 12 juin, la demande d'expulsion de la Ville de Paris, alors que ces jeunes venus de plusieurs pays africains tels que la Côte d'Ivoire, le Mali, le Sénégal, la Guinée, le Soudan, ou encore d'Afghanistan (Asie) ont risqué leur vie pour arriver sur les côtes françaises.