Bilal Müftüoğlu
18 Février 2016•Mise à jour: 18 Février 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
L'accès à l'emploi en France est encore difficile pour les immigrés et les femmes, malgré une certaine réduction d'écart depuis les années 1990, selon une étude de France Stratégie parue jeudi.
"À caractéristiques égales les hommes sans ascendance migratoire ou d’origine européenne sont avantagés sur le marché du travail", fait remarquer l'institut de recherche étatique dans son étude qui cherche à montrer les écarts de rémunération et l'accès à l'emploi entre différentes catégories sociales.
Selon cette étude, les femmes restent défavorisées sur de nombreux tableaux, sans distinction d'origine ethnique ou sociale. Les taux d'activité et taux d'emploi des femmes restent "très inférieurs" à ceux des hommes sans ascendance migratoire, et elles gagnent en moyenne 12% de moins que ces derniers à poste donné.
Les hommes et femmes d'origine africaine sont les plus défavorisés à la fois dans l'accès aux postes les mieux rémunérés et en terme de taux d'activité, révèle encore l'étude de France Stratégie. En effet, le taux de chômage chez les personnes originaires du continent africain s'élève à 18% pour les hommes et 13% pour les femmes alors qu'il est de l'ordre de 6% chez les personnes sans ascendance migratoire.
Les personnes avec ascendance européenne sont aussi mieux loties que celles d'origine africaine, pourtant dans une moindre mesure que les Français sans origine migratoire. Le taux de chômage dans cette catégorie atteint 6,5% pour les femmes et 6,6% pour les hommes.
Malgré la persistance d'un accès inégal à l'emploi, les écarts de taux d'activité et de salaire se sont "massivement" réduits pour les femmes, avec ou sans ascendance migratoire, depuis les années 1990, d'après l'étude. En revanche, ces écarts restent peu changés ou deviennent même plus marqués pour les hommes originaires d'Afrique ou des DOM depuis les années 1990.
"La crise de 2008 semble avoir dégradé le taux d’emploi pour les hommes originaires du continent africain et natifs des DOM", déplore l'étude.