AA / Paris / Ümit Dönmez
Se faisant l'écho de la propagande séparatiste arménienne de France, le Conseil de Paris a adopté mercredi un appel à la reconnaissance de la soi-disant « République de l’Artsarkh », dans la région du Haut-Karabagh, reconnue par l'organisation des Nations Unies et l'État français en tant que territoire azerbaïdjanais.
Le texte porté par le conseiller Arnaud Ngatcha et adopté par 90 voix, en contravention du droit international et des engagement pris par l'État français en vertu de ce droit, prévoit l'envoi par la mairie de Paris d'un courrier au Ministère français de l'Europe et des Affaires étrangères (MEAE), invitant la France à cette reconnaissance, mais également à la levée de l'interdiction faite aux collectivités territoriales françaises d'intervenir dans la région du Haut-Karabagh de la République d'Azerbaïdjan.
La souveraineté de la République d'Azerbaïdjan sur le territoire du Haut-Karabagh est reconnue par quatre résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies(822, 853, 874 et 884) et deux résolutions de l'Assemblée générale de l'ONU, mais également par la République Française.
- Condamnations des initiatives
La décision du Conseil de Paris a été vivement critiquée par des élus français, des membres de la société civile ainsi que par le collectif des Azerbaïdjanais de France qui ont fait paraître une tribune mercredi, dans le quotidien numérique français « Mediapart » [1] interpellant "le Ministre de l'Europe et des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian sur la véritable hystérie anti-azerbaïdjanaise qui se manifeste sur le territoire national depuis quelques semaines et la position largement pro-arménienne du MEAE de la France - pourtant pays coprésident du Groupe de Minsk de l'OSCE".
La tribune dénonçant notamment la décision du Conseil de Paris, pour son positionnement "illégal, partisan, inconstitutionnel et surtout flattant les plus bas instincts nationalistes arméniens", appelle cette dernière à réviser sa décision.
Le Président de l'Institut Prospective et Sécurité en Europe, Emmanuel Dupuy a également tenu à rappeler quelques principes de la Constitution française, récemment soulignés par le Président français lors d'un événement organisé par le Conseil de coordination des organisations arméniennes de France (CCAF) :
"Comme l’a rappelé le Président de la République, Emmanuel Macron, lors du dîner annuel du CCAF du 30 janvier dernier : « Il n'y a pas 36 000 diplomaties en France » ! Le vote au Conseil de Paris, a été obtenu à l’exception notable des élus républicains et centristes, qui avaient, à bon escient, estimé - en veillant à respecter une stricte neutralité sur la question - que c’est n’est pas au Conseil de Paris que se définit la politique étrangère française : Ils ont raison", a déclaré Dupuy, interrogé mercredi par l'Agence Anadolu (AA).
Dans une lettre adressée mercredi aux législateurs français en référence à une initiative du Bureau National du Parti Socialiste voté mardi et visant également à une reconnaissance de la soi-disant « République de l’Artsarkh », le Député socialiste Jérôme Lambert rappelle tout d'abord que la soi-disant « République de l’Artsarkh est une entité territoriale qui ne fait l’objet d’aucune reconnaissance par les Nations Unies et des pays qui en sont membres. Y compris l’Arménie elle-même".
L'élu de Charentes rappelle également que "le Conseil de Sécurité des Nations-Unies, dans ses résolutions 822, 853, 874 et surtout 884 adoptées en 1993, a reconnu la souveraineté de la République d'Azerbaïdjan sur l’ensemble des territoires qui étaient occupés par l’Arménie depuis 1993, y compris le territoire du Haut-Karabagh".
Le Député Lambert note également à l'adresse des élus socialistes que "la" France, sous la présidence de François Mitterrand, a voté l’ensemble de ces résolutions, qui déterminent précisément le droit international sur les frontières des États".
"C’est pourquoi les principes du droit international, fixés par les résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU, doivent impérativement rester notre boussole. C’est d’ailleurs la position intangible de la diplomatie française tout au long des dernières décennies, et bien entendu sous les présidences de François Mitterrand et de François Hollande", note encore le député socialiste.
- Menaces de mort des nationalistes arméniens sur des élus et des institutions de la République Française
Le courrier du député français soulignant les engagements pris l'État français, signale également les pressions et menaces exercées par les nationalistes arméniens de France sur médias, les élus et les institutions française, incluant des menaces de mort sur la famille du député :
"La France doit tenir ses engagements internationaux et respecter le droit, même sous la pression de la très influente communauté française d’origine arménienne qui, pour une large part, exerce des menaces sur les médias (manifestation devant TF1 pour protester contre le seul reportage filmé du côté azerbaïdjanais et faisant état de bombardements de zones civiles...), pressions sur les institutions, et pressions sur les élus, comme l’attestent les milliers de messages d’insultes et de menaces (y compris des menaces de mort sur ma famille…) qui me sont encore adressés pour me dissuader de rappeler la position de la diplomatie française", souligne Jérôme Lambert".
Interrogés par AA [2] [3]], des chercheurs et membres de la société civile française avait également fait état de pressions et menaces exercées à leur encontre.
Dans son adresse aux élus de son parti, le Député français déplore également l'électoralisme de certains élus français ainsi que le dévoiement des institutions de la République française :
"Aussi, bien que nous connaissons les liens que certains entretiennent avec la communauté arménienne dans leurs circonscriptions, le Parti Socialiste ne devrait pas se faire bercer par ces sirènes nationalistes au mépris du respect du droit international", souligne Jérôme Lambert.
- Mensonges relayés par les nationalistes arméniens de France
"Je pourrais écrire des pages et des pages pour étayer ou démentir toutes sortes d’informations qui ont circulé ici en France au cours de ces dernières semaines", note le député Lambert avant de citer quelques exemples :
"De l’intervention directe de soldats turcs ou de mercenaires djihadistes… en passant par l’extermination de prisonniers ou de populations arméniennes. Les fabriques de fake-news ont tourné à plein régime… usant de technologie parfois sophistiquées", souligne encore l'élu.
Déplorant la guerre à l'information déployée par les nationalistes arméniens de France, Jérôme Lambert appelle les élus français à ne pas céder aux pressions et mensonges des nationalistes arméniens et à adopter une position responsable afin de favoriser la crédibilité de la Diplomatie française :
"Si nous souhaitons que la France garde ou retrouve une position diplomatique digne de notre pays dans cette région du monde, et au-delà, nous devons nous garder d’adopter des points de vue dictés par une frange arménienne très extrémiste qui refuse, en fait, l’application du cessez-le-feu. Car si nous ne voulons pas de ce cessez-le-feu nous vouons quoi à la place ?! La Guerre éternelle ???", demande le député français, avant de conclure en rappelant l'importance de préserver la paix et de respecter le droit international :
"Donnons une chance à la paix et ne servons pas les intérêts des boutes feux. Refusons une reconnaissance d’indépendance à un territoire qui compte à peine 150 000 habitants (une agglomération française de taille moyenne) mais garantissons-lui la paix, et la prospérité pour tous ces habitants dans le cadre du respect du droit international", déclare le Député Jérôme Lambert, dans son adresse aux élus socialistes.
Dans la tribune publiée mercredi par Mediapart, adressée au Ministre français des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, et condamnant également une initiative parlementaire similaire, le collectif des Azerbaïdjanais de France rappelle également quelques réalités historiques déformées par la propagande nationaliste arménienne :
"L’occupation de Haut-Karabagh et de 7 régions adjacentes de l’Azerbaïdjan dans des années 1991-1994 a conduit à une déportation de plus de 40 000 azerbaïdjanais et représentants de 40 autres minorités ethniques de cette région, soit près de 22% de la population du Haut-Karabagh selon le dernier recensement de l'URSS de 1989, ainsi que de plus de 700 000 azerbaïdjanais des autres 7 régions occupées. L’absence d’inquiétude et de réaction de votre part face à la violation des droits de tous ces expulsés ne laisse de nous surprendre", note le collectif.
Un cessez-le-feu a été signé entre l'Azerbaïdjan et l'Arménie dans la nuit du 9 au 10 octobre, suite à la guerre de 44 jours déclenché par les forces arméniennes le 27 septembre, et s'étant conclue par la fin l'occupation arménienne depuis environ trois décennies de huit régions azerbaïdjanaises parmi lesquelles figurent le Haut-Karabagh.

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