AA / Tunis / Majdi Ismail
Le président français Emmanuel Macron a déclaré, mardi, que ‘’le défi des défis’’ pour la France ‘’dans un monde de plus en plus incertain, c'est de rester libre’’.
Trois ans après sa réélection, Emmanuel Macron était l'invité de TF1, mardi 13 mai, lors d'une émission sur ‘’les défis de la France.’’
Interrogé sur le conflit russo-ukrainien, Emmanuel Macron a estimé que ‘’Ce qui se joue en Ukraine, c'est notre sécurité’’.
Concernant la présence du président russe, Vladimir Poutine, à Istanbul, à partir de jeudi 15 mai (pour des négociations avec le président ukrainien Volodymyr Zelensky), le chef de l’Etat a affirmé ne pas détenir ‘’d’information privilégiée’’, rappelant que c’est le chef de l’Etat russe qui a proposé cette rencontre.
‘’Comme à chaque fois, on attend la réponse de la Russie’’, a fait observer Emmanuel Macron.
Pour le dirigeant français, ‘’L'objectif est d'obtenir un cessez-le-feu sur les terres, les airs et les mers pour discuter de la question des territoires et des garanties de sécurité [pour l’Ukraine]’’.
‘’Notre volonté, c'est de prendre dans les prochains jours de nouvelles sanctions contre la Russie’’, si Moscou refuse un cessez-le-feu, a annoncé le président français. Il a notamment évoqué des ‘’sanctions secondaires’’ pour les ‘’revendeurs’’ de ‘’services financiers’’ ou d’’’hydrocarbures.’’
Emmanuel Macron a expliqué qu’‘’au moment du règlement du conflit, il faudra utiliser les avoirs russes gelés pour participer à la reconstruction de l’Ukraine’’. Cependant, il estime que dépenser ces avoirs à l'heure actuelle ‘’ne serait pas une bonne idée’’, expliquant qu’’’il n'y a pas de cadre légal’’ pour ce faire.
‘’La guerre doit cesser et l’Ukraine doit être en situation, la meilleure possible, pour rentrer dans les négociations’’ qui ‘’vont permettre de traiter les questions territoriales. Et même les Ukrainiens eux-mêmes ont la lucidité de dire (…) qu’ils n’auront pas la capacité de reprendre l’intégralité de ce qui est pris depuis 2014’’ par Moscou, a, en outre, déclaré le pensionnaire de l’Élysée.
‘’Une fois qu'une paix sera signée, (...) la première garantie de sécurité c'est une armée ukrainienne solide que l'on est en train de préparer. Ça va être beaucoup d'équipements, on va continuer d’investir’’, a soutenu Emmanuel Macron qui reconnaît que ‘’l'Ukraine ne rentrera pas dans l’Otan.’’
Pour pallier à la non adhésion de Kiev à l'Alliance atlantique, le chef de l’État français propose ‘’des forces de réassurance loin de la ligne de front, dans des opérations conjointes. Cela permet de montrer notre solidarité et d'être crédibles pour dissuader la Russie d'attaquer de nouveau.’’
‘’On doit aider l'Ukraine à se défendre, mais on ne veut pas déclencher un troisième conflit mondial’’, assure le président de la République française, ajoutant que le rôle des Européens n'est pas d’être sur la ligne de front.
‘’On a la dissuasion nucléaire depuis des années et donc notre armée n'est pas préparée à une ligne de front étendue’’, reconnaît Emmanuel Macron, qui rappelle que la France possède ‘’la seule armée européenne qui ne dépend pas des États-Unis’’.
Au sujet de l’extension du parapluie nucléaire à des pays européens, Emmanuel Macron a fait observer que ‘’depuis que notre doctrine de dissuasion nucléaire existe, il y a toujours une dimension européenne dans la prise en compte des intérêts vitaux de la nation.’’
‘’Nous sommes prêts à ouvrir la discussion (déploiement d'avions français armés de ‘bombes’ nucléaires dans d'autres pays européens)’’, ajoute le locataire de l'Elysée, assurant toutefois que ‘’la France ne paiera pas pour la sécurité des autres.’’
L’Ukraine et ses alliés européens, de concert avec les Etats-Unis, avaient adressé samedi 10 mai un ultimatum à Moscou pour accepter un cessez-le-feu ‘’complet et inconditionnel ‘’ de trente jours à partir de lundi 12 mai, faute de quoi la Russie s’exposerait à de nouvelles ‘’sanctions massives’’.
‘’La vingtaine de pays membres de la Coalition des volontaires a décidé de soutenir un cessez-le-feu qui commencera lundi 12 mai sans aucune précondition (…) qui a vocation à durer trente jours sur terre, dans les airs et en mer avec une surveillance assurée principalement par les Etats-Unis d’Amérique et à laquelle tous les Européens contribueront’’, avait annoncé le chef de l’État français, aux côtés du chancelier allemand Friedrich Merz, du Premier ministre britannique Keir Starmer, du Premier ministre polonais, Donald Tusk, et du président ukrainien, Volodymyr Zelensky, à l’issue du sommet des Vingt-sept États membres de la ‘’Coalition des volontaires’’ organisé en ligne depuis la capitale ukrainienne, Kiev, samedi dernier.
Le Kremlin a répondu par une fin de non-recevoir. ‘’Ce langage d’ultimatum est inacceptable pour la Russie, il ne convient pas. On ne peut pas s’adresser à la Russie avec un tel langage’’, a déclaré lundi 12 mai le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov.