AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Le récent témoignage d'une jeune étudiante de 22 ans sur le viol qu'elle a subi au début du mois de février dans un train en Ile-de-France sous l'œil de nombreux voyageurs et leur non-réaction a suscité des débats sur le sentiment d'insécurité chez les Françaises.
La jeune femme, accostée par un homme sur le quai d'une gare à Paris, avait pris le train la nuit du 4 février pour rentrer chez ses parents. Elle avait du à nouveau confronter cet individu qui s'était approché d'elle à bord du train essayant de la violer alors que les passagers autour d'eux n'ont fait aucun geste pour dissuader l'homme ou prévenir les agents des transports.
Le cas de la jeune étudiante victime d'un viol mais aussi du ''silence'' des passagers n'est pourtant pas unique. En avril dernier, une jeune femme s'était fait agressée dans le métro de Lille, sous le regard indifférent des voyageurs. ''Il m'a touchée et personne ne m'a aidée. Je me suis défendue toute seule, avait raconté la fille lors de son témoignage. "Les gens sont partis dans l'autre rame tout au fond. Ils m'ont laissée toute seule et ils me regardaient me faire agresser''. Le procureur de Lille avait alors entamé une enquête concernant la non-assistance à personne en danger.
En 2014, 86 000 Françaises ont été victimes de viol ou de tentative de viol, met en relief le Collectif féministe contre le viol (CFCV). Pourtant, seulement 13% des victimes ont porté plainte et seules 1% des plaintes ont débouché sur une condamnation.
La présidente du CFCV, Emmanuelle Piet, s'exprimant à Anadolu, a déploré à cet égard ''l'insuffisante réaction'' des personnes en cas de viol sur la voie publique. Reconnaissant que ''tout le monde peut être sidéré'' face à une telle agression, Piet a cependant suggéré qu'ils ''peuvent tirer le signal d'alarme, appeler la ligne téléphonique [du Collectif contre le viol] ou prendre des photos discrètement''.
Evoquant en outre que la non-assistance à personne en danger est considérée comme un délit dans le code pénal français, Piet a regretté son application peu fréquente.
Les Parisiennes en particulier ne se sentent pas en sécurité dans les transports publics de leur ville. Selon une enquête menée par l'institut Yougov et la fondation Thomson Reuters dans 16 métropoles mondiales, 8 résidentes de Paris sur 10 affirment que personne ne les aiderait en cas de viol dans le métro.