Bilal Müftüoğlu
03 Mai 2016•Mise à jour: 04 Mai 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
La police française a durci le ton contre "Nuit Debout", prenant un arrêté "limitant davantage la durée des activités liées à ce rassemblement" alors que ses manifestants se retrouvent ce mardi devant l'Assemblée nationale.
La préfecture de Paris a ainsi interdit tout cortège les activités en lien avec le mouvement, dont la diffusion de musiques et de bruits par tous moyens sonores, entre 22h et 7h, notamment suite à "de nouveaux incidents violents".
La préfecture a également condamné les dégradations "répétées" ainsi que les attaques "récurrentes" contre les forces de l'ordre, survenues notamment en marge de la manifestation le 1er mai et du dernier rassemblement jeudi dernier dans toute la France contre la loi Travail.
Alors que les autorités publiques resserrent l'étau sur les manifestants, dont une partie a été qualifiée de "casseurs" par le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve, ces derniers ont étendu la portée des protestations contre le gouvernement, notamment devant l'Assemblée nationale.
Des centaines de manifestants se sont réunis mardi matin devant l'Assemblée qui entame le débat sur le projet de loi controversé de la ministre du Travail Myriam El Khomri. Les députés débattront ainsi durant deux semaines du texte qui vise à assouplir les conditions de travail, d'embauche et de licenciement.
Face à de nombreuses oppositions de la part des syndicats et des étudiants, le gouvernement a considérablement modifié le contenu du texte avant que la commission des Affaires sociales fasse à son tour une nouvelle modification importante.
L'exécutif mise pour le moment sur une adoption "classique" du projet de loi, notamment par le vote des parlementaires, sans recourir à l'article 49-3 de la Constitution française qui permet au gouvernement de passer outre de l'organe législatif. Dans un entretien au Parisien, la ministre El Khomri a notamment dit ne pas être "dans la perspective" d'imposer ce dispositif utilisé en 2015 pour faire adopter la loi sur la libéralisation des marchés, baptisée "loi Macron", portant le nom du ministre de l'Economie Emmanuel Macron.