Lassaad Ben Ahmed
27 Septembre 2017•Mise à jour: 28 Septembre 2017
AA/Paris/ Zeynep Ciftci
Le président de la République française Emmanuel Macron a dévoilé, mercredi, lors du conseil des ministres, le projet de loi de finances pour l’exercice 2018.
Pour son premier budget en tant que président, Emmanuel Macron, a tenu à projeter, pour l’ensemble de son quinquennat, la ligne directrice présentée lors de sa campagne présidentielle, en conformité avec ses engagements.
Il s'agit d'un thème qui occupe les devants de l'actualité française. La «mesure la plus emblématique de sa campagne consiste en l'exonération de taxe d'habitation pour 80% des ménages qui sera bien enclenchée l'année prochaine, avec une baisse de 30% de cet impôt pour les ménages concernés», explique le quotidien Le Figaro.
De ce fait, l’impôt jugé «paradoxal» sera progressivement supprimé. Par ailleurs, concernant les entreprises «la fonte du taux d'impôt sur les sociétés jusqu'à 25% en 2022 devrait, elle aussi, être gravée dans la loi de finances.
Et, bien que la transformation du crédit d'impôt compétitivité-emploi (CICE) en baisse pérenne de charges soit repoussée à 2019, l'opération devrait figurer tout de même dans le projet de budget 2018, note le même journal.
A propos de l’impôt sur la fortune (ISF), celui-ci sera reconduit en «impôt sur la fortune immobilière» (IFI), à partir du 1er janvier 2018, afin, notamment, de mettre un terme aux critiques émanant de la gauche française, d’après les observateurs, qui accusent le président de favoriser les plus aisés.
«On voit bien qu'il y a une stratégie en vue de baisser l'impôt des plus aisés des Français», avait remarqué Michel Sapin, ex ministre socialiste des Finances, dans les colonnes d’Europe 1, tout en expliquant que «Le bouclier fiscal d'aujourd'hui est quatre fois plus épais que le bouclier fiscal de Nicolas Sarkozy».
De son côté, le Haut Conseil des finances a estimé que le gouvernement est «prudent» et «raisonnable» dans ses prévisions économiques à travers le projet de budget 2018, tout en évoquant qu’il est trop «optimiste» quant à la réalisation des économies promises, selon des propos relayés par le journal local Le Monde.
Le projet de loi de finances pour 2018 fixe effectivement une croissance de 1,7% du PIB sur chacune des deux années, avec une mention de satisfaction quant aux prévisions relatives à l’emploi et à la masse salariale.
Toutefois, concernant la baisse du déficit public, l’institution financière regrette sa lenteur : «Le gouvernement prévoit 2,0 % de PIB en 2017 et 2,6% de PIB en 2018.
Mais, si l’on ne tient pas compte des dépenses conjoncturelles et des mesures exceptionnelles, l’ajustement dit structurel n’est que de 0,2 point pour 2017 et 0,1 point en 2018. Or, la norme européenne est de 0,5 point minimum», lit-on dans la presse française.