Lassaad Ben Ahmed
17 Décembre 2018•Mise à jour: 19 Décembre 2018
AA / Tunis
La majoration salariale de 100 euros, touchera 5 millions de foyers, a annoncé le Premier ministre français Edouard Philippe, à l’occasion d’un entretien accordé au journal Les Echos et largement repris par les médias français, lundi.
"Nous allons élargir le nombre de foyers éligibles, qui passera de 3,8 millions à 5 millions", a affirmé le Premier ministre français, au sujet des augmentations salariales annoncées il y a une semaine par le président Macron.
Il a, par ailleurs, expliqué que cette augmentation sera versée dès le 5 février 2019, avec la prime d’activité « pour compléter le salaire de janvier ».
Cette prime ne touche pas tous les salariés, ont fait remarqué les médias français.
Edouard Philippe a également annoncé des mesures pour combler le déficit budgétaire qui devrait passer de 2,8 à 3,2% en 2019, suite aux mesures annoncées par le Président Macron, le 10 décembre, pour apaiser le mouvement des « gilets jaunes ».
Selon le Premier ministre français, le gouvernement a décidé de limiter la baisse du taux d'impôt sur les sociétés.
"Nous demandons donc un effort aux plus grandes entreprises pour nous permettre de dégager une recette supplémentaire de l'ordre de 1,8 milliard d'euros", a indiqué Edouard Philippe au journal Les Echos.
Le Premier ministre a reconnu par ailleurs « des erreurs » dans la gestion du dossier des gilets jaunes.
Le mouvement avait éclaté spontanément, mi-novembre, sur les réseaux sociaux pour protester contre la hausse des prix du carburant et la baisse du pouvoir d'achat. Il s’est traduit par une mobilisation générale sur tout le territoire français.
Les gilets jaunes ont occupé un grand nombre de points sensibles sur les axes routiers et autoroutiers et bloqué l’entrée de plusieurs raffineries et dépôts d’hydrocarbures, provoquant des blocages et des perturbations de l’activité socio-économique.
Les manifestants se sont rassemblés à Paris pendant cinq samedis consécutifs. Les manifestations ont été particulièrement violentes le 1er et le 8 décembre : des commerces saccagés, des vitrines brisées, des pavés arrachés, des monuments historiques vandalisés, des véhicules et des immeubles incendiés.
Cette violence a poussé le gouvernement de reculer et de revenir sur les augmentations des taxes prévues initialement sur le carburant.
Les mesures annoncées par Emmanuel macron pour apaise la tension se sont traduits par un déficit de l’ordre de 10 milliards d’euros dans le budget de 2019.
Ce budget devrait être débattu en deuxième lecture, ce lundi à l’Assemblée nationale.