Bilal Müftüoğlu
13 Décembre 2016•Mise à jour: 14 Décembre 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Une manifestation a eu lieu ce mardi devant le ministère français de l'Intérieur, à Paris, pour protester contre les exactions commises lors de l'offensive du régime syrien à Alep, en particulier dans la nuit de lundi à mardi.
Plus de cent manifestants se sont réunis en face du ministère de l'Intérieur et près de l'Elysée pour appeler les autorités françaises et la communauté internationale à se mobiliser pour Alep où des dizaines de milliers de civils sont coincés dans une zone de moins de six kilomètres carrés dans les quartiers Est de la ville après le retrait des forces de l'opposition.
Soutenue par Europe Ecologie Les Verts (EELV) et l'union syndicale Solidaires, la manifestation a réuni des Français et Syriens dénonçant la "complicité" des Etats-Unis, de l'Organisation des Nations unies (ONU) et le "silence" de la communauté internationale à Alep.
"Bachar assassin, votre silence complice", "Poutine assassin, Obama complice", "Poutine assassin, ONU complice", ont ainsi été parmi les slogans les plus scandés par les manifestants. Ces derniers ont par ailleurs brandi des pancartes avec les inscriptions "Stop au silence! Enfants gazés en Syrie. Réagissez!", "Alep, tombeau de l'humanité" et "C'est la Russie qui est le vrai terroriste en Syrie" lors de l'évènement.
Appelant à une Syrie "sans Daech ni Bachar", les manifestants ont aussi demandé "pardon" à Alep et à ses habitants pour le "silence" de la communauté internationale.
Les manifestants ont également fait part de leur intention d'organiser plusieurs rassemblements dans la semaine, dont un cet après-midi devant l'ambassade de Russie à Paris, dans le cadre d'une "semaine de colère".
"L'humanité est en train de mourir devant nos yeux. C'est le moins que l'on puisse faire", a déclaré l'un des organisateurs, à la fin du rassemblement.
S'exprimant à Anadolu dans le cadre de l'événement, Esther Benbassa, sénatrice du Val-de-Marne, a dénoncé l'indifférence de la communauté internationale face à ce qui se passe en Syrie.
"Nous avons laissé longtemps les groupes opposants, le gouvernement, la Russie entre eux, en nous croisant les bras et nous disant 'C'est leur affaire'", a déclaré la sénatrice.
Benbassa a fustigé la politique des "deux poids deux mesures" de la communauté internationale entre les actes de violence en Europe et en Syrie. "Quand il y a eu l'attentat de Charlie, [Hebdo], tous les chefs d'Etat se sont déplacés. Ils n'ont qu'à se déplacer aujourd'hui au-delà de la frontière turque avec l'ONU. Maintenant il faut laisser le couloir humanitaire se libérer pour les médicaments puissent passer, et pour que les gens parviennent à fuir ces massacres". Et de renchérir:
"Nous n'avons rien appris de l'histoire. Des massacres et des crimes contre l'humanité, il y en a eu. Nous continuons à les regarder. Si cela se passait en Autriche ou en Suède, je suis sûre que nous serions tous mobilisés".
Interrogée par la suite sur le potentiel des autorités françaises à intervenir contre ce qui se passe en Syrie, Benbassa s'est dite "sceptique" sur leur "capacité à comprendre" le message des manifestants.