Ümit Dönmez
25 Novembre 2022•Mise à jour: 25 Novembre 2022
AA / Paris / Ümit Dönmez
Une marche blanche a été organisée à Dunkerque (Nord), dans la nuit de jeudi à vendredi, en hommage aux 27 migrants morts il y a un an, suite au naufrage de leur embarcation dans la Manche, alors qu'ils tentaient de rejoindre le Royaume-Uni.
Plusieurs centaines de personnes se sont réunies à Dunkerque et ont marché vers la plage de Malo-les-Bains, en tenant des flambeaux et brandissant une banderole où on lisait : "Vos frontières, nos morts".
Les personnes réunies pour rendre hommage aux 27 victimes de ce naufrage, ont prononcé, un par un, les noms de ces derniers.
Pour rappel, le 24 novembre 2021, vingt-sept corps de migrants ont été repêchés dans la Manche, dont ceux de six femmes et d’une fillette, alors que seuls deux survivants ont été secourus.
Il s'agit du naufrage le plus meurtrier survenu dans la Manche depuis que les exilés tentent de rejoindre le Royaume-Uni à bord de canots pneumatiques de fortune.
Cette catastrophe avait suscité beaucoup d’émotion en France comme Outre-Manche.
Selon les révélations publiées le 13 novembre courant par le journal français « Le Monde », les migrants ont appelé les services français de secours à l’aide à de nombreuses reprises. Ces derniers ont attendu que les exilés passent dans les eaux anglaises sans envoyer aucun moyen de sauvetage.
Le phénomène des traversées de la Manche continue de s'amplifier. Selon les statistiques officielles britanniques, plus de 40 000 personnes ont rejoint l'Angleterre depuis le début de l’année 2022 par des canots de fortune.
Depuis 2014, au moins 203 personnes sont mortes ou ont été portées disparues, en mer ou sur terre, en tentant de rejoindre l’Angleterre au départ du littoral nord de la France.
- Accord entre la France et le Royaume-Uni
Pour rappel, la France et le Royaume-Uni ont signé, ce mois-ci, un nouvel accord pour renforcer la coopération bilatérale dans la lutte contre les traversées illégales de la Manche par des migrants.
Cet accord, qui s’inscrit dans le cadre du traité de Sandhurst, signé en janvier 2018 entre les deux pays, prévoit que Londres verse une somme de 72,2 millions d’euros en 2022-2023 à la France. En contrepartie, Paris fera passer de 800 à 900 ses effectifs de sécurité sur les plages françaises, d’où partent les exilés à destination du Royaume-Uni.
Selon le texte de l'accord, le Royaume-Uni et la France se sont fixés pour objectif de déployer "des ressources technologiques et humaines", dont des drones, sur le littoral français pour mieux détecter, surveiller et intercepter les bateaux.
Cependant, aucun objectif chiffré d’interceptions de bateaux, comme l'avait souhaité Londres, n’apparaît dans le document signé à Paris par Gérald Darmanin, le ministre français de l’Intérieur, et Suella Braverman, son homologue britannique.
"Ce n’est qu’en travaillant ensemble que nous pouvons espérer résoudre ce problème complexe. Je voulais remercier Gérald et son équipe pour leur travail et leur coopération", a tweeté le même jour, en français, la ministre britannique de l'Intérieur.
Interrogé, le lendemain par l'Agence Anadolu (AA), William Feuillard, coordinateur de huit associations locales du Calaisis apportant leur soutien aux personnes migrantes, dont « L'Auberge des Migrants », a déploré les réponses politiciennes apportées à la question des migrants en France et en Europe.
Feuillard a estimé que l'accord signé entre la France et le Royaume-Uni pour lutter contre le passage illégal des migrants, aura, pour seule conséquence d'augmenter les risques de traversées mortelles de la Manche pour les exilés [*].
À lire aussi :
* « « L'accord franco-britannique sur les migrants ne fera qu'augmenter les risques de traversées mortelles » (ONG) » - Agence Anadolu (AA), le 16 novembre 2022
https://www.aa.com.tr/fr/monde/-laccord-franco-britannique-sur-les-migrants-ne-fera-quaugmenter-les-risques-de-travers%C3%A9es-mortelles-ong/2740141