Ümit Dönmez
30 Octobre 2024•Mise à jour: 30 Octobre 2024
AA / Paris / Ümit Dönmez
Ce matin, un homme a perdu la vie en tentant de rejoindre les côtes britanniques, a indiqué Utopia 56, association de soutien aux exilés. Sur la plage d’Équihen (Pas-de-Calais), le centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de Gris-Nez a coordonné plusieurs interventions pour secourir des dizaines de personnes en détresse dans les eaux froides de la Manche.
"Ce matin, sur la plage d’Équihen, c’est le chaos. Les secours sont dépassés", a déclaré Utopia 56 sur Twitter, décrivant des scènes de panique et de désespoir. D'après l’association, une quarantaine de personnes, dont des enfants, ont été contraintes de retourner à la nage vers la plage après avoir échoué à embarquer. Certaines, déjà en hypothermie, ont été secourues par des gendarmes qui eux-mêmes ont souffert du froid en aidant les naufragés à sortir de l’eau.
En dépit des efforts des secours, un homme est décédé, malgré des tentatives de réanimation sur la plage. "Les pompiers ne peuvent pas prendre tout le monde en charge, le dispositif n’est pas proportionné", a souligné l’association. Les bénévoles et des riverains, venus offrir café chaud et couvertures, ne suffisaient pas à combler les besoins face à l’ampleur de la crise.
Malgré les 500 millions d’euros versés par le Royaume-Uni à la France sur trois ans pour renforcer les moyens de contrôle à la frontière, les traversées mortelles se multiplient. Depuis janvier, au moins 57 personnes ont trouvé la mort dans la Manche. "Comprenez par ce graphique que ces morts ne sont pas des accidents", a insisté Utopia 56, en publiant une infographie illustrant la hausse des décès depuis 2021. Selon l’association, la situation démontre l’inefficacité des mesures sécuritaires face à une crise humanitaire qui ne cesse de s’aggraver.
La Manche est devenue l’un des symboles de la politique migratoire européenne, oscillant entre renforcement des contrôles et manque de solutions d’accueil adaptées. Le drame de ce matin met une fois de plus en lumière les conditions périlleuses et inhumaines auxquelles sont confrontées les personnes exilées, et pose la question de la responsabilité collective face à ces vies perdues.