Bilal Müftüoğlu
17 Mars 2016•Mise à jour: 18 Mars 2016
AA - Paris - Bilal Muftuoglu
Les étudiants français doivent organiser jeudi une nouvelle journée de mobilisation à travers toute la France contre le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri qui prévoit de rendre les conditions de travail et d'embauche plus flexibles.
Des opérations de blocage sont en cours devant plusieurs lycées à Paris et en province, suivant à l'appel de l'UNEF, le plus grand syndicat étudiant de France. Les lycéens parisiens devraient ensuite se retrouver Place de la Nation à 11h avant de se joindre à la grande manifestation syndicale de cet après-midi à 14h sur la Place de la République.
La manifestation des lycéens ce jeudi fait suite à leur mobilisation le 9 mars, avec encore une fois des opérations de blocage devant les lycées. Une centaine de lycées avait été bloqués en France lors de ce premier jour de mobilisation, d'après le décompte du ministère de l'Education. Cette deuxième journée de mobilisation aurait déjà entraîné le blocage d'une quinzaine de lycées à Paris, selon l'UNEF.
Les lycéens dénoncent une modification du code du travail au profit des patrons, notamment par l'augmentation du temps de travail pour les apprentis qui passera de 35 heures par semaines à 40 heures, le rallongement des semaines de travail ou encore la facilitation des licenciements.
Intervenant mardi soir sur France 3, El Khomri avait reconnu qu'il y avait un "démarrage raté" de son projet de loi. "Je le reconnais et j'en prends ma part. On n'a pas pu expliquer la philosophie. Le jour où les arbitrages ont été rendus, il y avait déjà un avant-projet de loi qui avait fuité dans la presse", avait expliqué la ministre tout en estimant que la France a "besoin" de cette loi et qu'elle apportera "du progrès social".
Les Français s'étaient également mobilisés en 2006 contre un projet de loi modifiant encore le code du travail, instaurant notamment le contrat première embauche (CPE), destiné à des jeunes de moins de 26 ans. Le projet de loi avait finalement dû être retiré par le gouvernement suite à une vague de mouvement inédit alors que la loi avait été adoptée par le Parlement et publiée même au Journal officiel.