Ümit Dönmez
17 Mai 2023•Mise à jour: 17 Mai 2023
AA / Paris / Ümit Dönmez
La Secrétaire générale de la CGT (Confédération générale du Travail) Sophie Binet a réitéré, ce mercredi, son appel au Gouvernement français pour le retrait de la réforme des retraites, fortement contestée par les syndicats, l'opposition, ainsi qu'un grand nombre de Français.
Au micro de France Inter, la leader syndicale a été interrogée sur les sujets qu'elle a l'intention d'évoquer, lors de son entretien prévu dans la journée avec la Première ministre Élisabeth Borne à Matignon.
"On va d'abord parler retraites. Et je vais lui dire que si cette réforme des retraites n'est pas retirée, le pays ne reviendra pas à la normale. Qu'on ne reprendra pas le cours des choses comme avant", a-t-elle tenu à souligner.
Interrogée sur l'intention du gouvernement de tenter de faire valoir l'article 40 de la Constitution pour empêcher le vote d'une proposition de loi visant à l'abrogation du texte de réforme des retraites, Sophie Binet a estimé qu'il "serait gravissime et antidémocratique d'empêcher les députés de voter" sur celles-ci.
Pour rappel, le groupe parlementaire Libertés, indépendants, outre-mer et territoires (Liot) a annoncé, le mois dernier, qu'il déposera une proposition de loi à l'Assemblée nationale, le 8 juin, pour abroger la réforme des retraites promulguée par le président Emmanuel Macron dans la nuit du 15 au 16 avril.
La réforme porte notamment sur le report de l’âge de départ à la retraite de 62 à 64 ans d'ici à 2030 et l’allongement de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein de 42 à 43 ans d’ici à 2027.
Au micro de France Inter, la leader de la CGT a souligné qu'elle se rendrait ce mercredi à Matignon pour "négocier" et non pas pour "discuter".
Pour Sophie Binet, l'un des priorités sera "l'augmentation des salaires", ainsi que l'indexation de ceux-ci sur l'inflation, comme en Belgique et au Luxembourg et comme ce fut le cas en France jusqu'en 1983. Pour rappel, le taux d'inflation annuel a atteint 6.9 % en avril en France, selon Eurostat, avec une augmentation du segment de panier « alimentation, alcool et tabac » de 13,6 % en un an, à l'échelle européenne.
Autre sujet important pour la secrétaire générale de la CGT : la conditionnalité des aides publiques aux entreprises, "parce que ce n'est plus possible qu'il y ait chaque année 200 milliards d'euros d'aides publiques qui soient données sans condition aux entreprises".
Sophie Binet a cité l'exemple de l'entreprise pharmaceutique française Sanofi, qui "a touché près d'un milliard de crédits impôt recherche. Pourtant, dans le même temps, elle a divisé par deux son nombre de chercheurs en France. On voit bien qu'il y a un problème", a-t-elle estimé.
La leader syndicale a appelé le gouvernement à "donner les moyens aux représentants du personnel de contrôler l'attribution des aides publiques en s'assurant que les objectifs sont bien tenus".
Elle a également annoncé qu'elle demandera à la Première ministre, la mise en place de "dispositifs pour améliorer les conditions de travail, renforcer les pouvoirs des représentants du personnel," rappelant qu'en France "chaque jour deux ouvrier meurent au travail".
Sophie Binet a notamment appelé à la mise en place des CHSCT (Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail) et demandé à la mise en place de "négociations tripartites (syndicat, patronat, gouvernement).
Enfin, la secrétaire générale de la CGT a déclaré être en faveur de "la semaine de 4 jours avec la réduction du temps de travail à 32 heures".