Lassaad Ben Ahmed
24 Avril 2022•Mise à jour: 24 Avril 2022
AA / Paris / Feïza Ben Mohamed
Alors que 48,7 millions de Français sont appelés aux urnes ce dimanche, plusieurs électeurs rencontrés à Paris, nous expliquent être confrontés à « un choix par dépit » pour « limiter les dégâts ».
C’est le cas de Driss Ahedda, professeur de management à l’université qui votera « parce que l’heure est grave » et pour « faire barrage à un parti qui prend la communauté musulmane et les gens issus de l’immigration africaine et arabe, pour cible ».
Il assure être « particulièrement inquiet » pour ses enfants en raison « des causes profondes qui ont provoqué » la situation actuelle.
« On s’attarde jamais sur les contributions des minorités musulmanes, africaines, et arabes pour ce pays », note, par ailleurs, l’enseignant d’origine marocaine.
« Pourquoi on ne parle pas des milliers d’ingénieurs qui viennent en France alors qu’ils ont été formés aux frais des États desquels ils sont originaires? » s’interroge Driss Ahedda.
S’il « assume pleinement » vouloir voter pour faire barrage, « il ne cache pas sa déception quant au premier mandat d’Emmanuel Macron ».
Le professeur « espère néanmoins qu’une fois qu’il sera réélu, il apportera des solutions à tous les maux qui rongent la France pour qu’elle ne reste pas « la risée du monde ».
« Est ce que c’est ça la France? Celle qui donne des leçons? » interroge-t-il, souhaitant que l’Etat « fasse une analyse en profondeur sur son passé, l’assumer et puis tourne la page ».
À noter que cette élection présidentielle de 2022 a vu s’opérer une claire montée de l’extrême-droite avec 23% des voix pour Marine Le Pen et 7% pour Éric Zemmour.
Rassemblé, le bloc identitaire aurait récolté plus de 30% des suffrages et serait arrivé devant Emmanuel Macron.
Le président sortant est malgré tout donné vainqueur de ce scrutin avec 57% des intentions de vote selon les sondages parus tout au long de la semaine.