Wafae El Baghouani
17 Juin 2026•Mise à jour: 17 Juin 2026
AA / Istanbul
Les dirigeants du G7 ont lancé mercredi un appel en faveur d’un environnement numérique plus sûr pour les enfants et les adolescents, exhortant les gouvernements, les plateformes numériques et les autres acteurs concernés à renforcer la protection des mineurs face aux risques en ligne.
Dans une déclaration publiée à l’issue du sommet du G7 à Évian, les dirigeants ont affirmé leur engagement à garantir aux moins de 18 ans un espace numérique « sûr, enrichissant et propice à leur développement, à leur éducation et à leur bien-être ».
Le texte, également soutenu par le Brésil, l’Égypte, l’Inde, le Kenya et la Corée du Sud, souligne que les technologies numériques peuvent favoriser l’apprentissage, la créativité, les liens sociaux ainsi que l’accès à l’éducation et aux soins de santé.
Les signataires reconnaissent toutefois que les services numériques peuvent exposer les jeunes à des contenus illégaux ou inadaptés à leur âge, ainsi qu’à des interactions susceptibles de nuire à leur santé mentale et à leur bien-être.
Ils se disent également préoccupés par certaines fonctionnalités conçues pour maximiser l’attention et l’engagement des utilisateurs, pouvant favoriser des comportements compulsifs ou addictifs chez les mineurs.
Les dirigeants appellent ainsi les fournisseurs de services numériques à adopter une approche fondée sur le principe de la sécurité intégrée dès la conception (« safety by design »), avec des paramètres de protection activés par défaut, des outils de contrôle parental faciles d’utilisation et des mécanismes efficaces de vérification de l’âge respectant la vie privée des utilisateurs ainsi que les cadres juridiques nationaux.
La déclaration insiste également sur la nécessité pour les systèmes de recommandation de privilégier les contenus adaptés à l’âge des utilisateurs et de limiter l’exposition aux contenus à risque.
Le G7 souligne par ailleurs que les parents, tuteurs et éducateurs doivent être davantage accompagnés afin de guider l’expérience numérique des enfants et de renforcer leur éducation aux médias et au numérique.
Les dirigeants ont consacré une partie importante de leur déclaration à l’intelligence artificielle, reconnaissant les opportunités qu’offrent les outils d’IA conversationnelle dans les domaines de l’éducation, de l’innovation et du développement.
Ils ont néanmoins mis en garde contre les risques que ces technologies peuvent représenter pour le bien-être et la sécurité des jeunes utilisateurs, appelant les entreprises à mettre en place rapidement des dispositifs de protection spécifiques pour les mineurs.
Le texte insiste également sur l’importance de permettre aux enfants et aux adolescents de distinguer les contenus authentiques des contenus générés artificiellement. À cette fin, le G7 soutient les efforts visant à améliorer la traçabilité et l’identification de l’origine des contenus numériques grâce à des solutions techniques renforçant la transparence.
Les dirigeants ont réaffirmé leur engagement à interdire la production, la manipulation et la diffusion de matériel d’abus sexuels sur mineurs ainsi que les activités criminelles liées aux images intimes diffusées sans consentement, y compris les hypertrucages (« deepfakes »), en particulier lorsqu’ils impliquent des enfants ou des adolescents.
Ils ont appelé les plateformes à mettre en œuvre des mesures efficaces de détection et de suppression de ces contenus, soulignant que la lutte contre le « grooming », l’exploitation sexuelle et l’extorsion sexuelle en ligne constitue un principe « non négociable » dans le développement des systèmes d’intelligence artificielle et des services numériques.
Le communiqué met également en garde contre l’exposition des jeunes à l’extrémisme violent, au terrorisme et au recrutement par des organisations criminelles, notamment celles impliquées dans le trafic de drogue. Les plateformes numériques sont invitées à renforcer leur coopération avec les autorités compétentes afin de réduire ces menaces.
Enfin, les dirigeants du G7 ont plaidé pour un renforcement de la recherche scientifique sur les effets des services numériques et de l’intelligence artificielle sur les mineurs. Ils ont souligné l’importance de la transparence, du partage des données et de l’élaboration de normes communes d’évaluation des systèmes algorithmiques afin de mieux mesurer leur impact sur la sécurité des enfants et des adolescents.
Les ministres du G7 ont été chargés de suivre la mise en œuvre des principes communs adoptés sur la sécurité numérique des mineurs et de présenter une évaluation des progrès réalisés au plus tard d’ici la fin de l’année.