Hafawa Rebhi
04 Juillet 2018•Mise à jour: 04 Juillet 2018
AA / Yémen / Murad Arifi, Mohammed Al Samai
L'envoyé spécial des Nations Unies pour le Yémen, Martin Griffiths, a exprimé mercredi sa satisfaction quant aux messages "positifs et constructifs" qu'il a reçus de tous les protagonistes du conflit au Yémen.
L'émissaire onusien s'est ainsi exprimé alors qu'il quittait Sanaa pour la capitale jordanienne Amman, à l'issue d'une visite de deux jours au cours de laquelle il a rencontré des responsables Houthis.
Lors de la conférence de presse qu'il a tenue à l'aéroport de Sanaa, Griffiths a indiqué avoir rencontré des dirigeants Houthis et les membres du Congrès général du peuple [parti de l'ancien président Ali Abdallah Saleh] qui sont restés à Sanaa.
"Non seulement tous les partis ont manifesté leur profonde volonté de paix, mais ils ont aussi exprimé des idées concrètes pour la paix et, à cet égard, je suis particulièrement reconnaissant à l'endroit de Abdul-Malik al-Houthi (leader des Houthis) pour son soutien et pour les discussions fructueuses que nous avons eues", a déclaré Ghriffiths.
L'émissaire onusien a déclaré qu'il informerait le Conseil de sécurité jeudi des résultats de ses entretiens à Sanaa et à den.
"Je continuerai mes pourparlers avec les parties dans les prochains jours et je rencontrerai bientôt le président yéménite Abdrabbo Mansour Hadi", a-t-il dit, "et je ferai le tour des capitales régionales".
Plus tôt dans la journée, Griffiths a rencontré Hicham Abdallah, le ministre des Affaires étrangères du gouvernement des Houthis qui n'est pas reconnu par la communauté internationale, a rapporté l'agence de presse des Houthis "Saba".
La rencontre a porté sur les moyens de reprendre les négociations pour mettre fin à la crise yéménite, selon l'agence.
Abdallah a, à cet effet, souligné la tendance continue vers la paix et le règlement politique dans le cadre des efforts internationaux menés par Griffiths.
Ces efforts ont pour but, selon Abdallah, "de mettre fin aux souffrances humaines subies par le peuple yéménite et de réduire les conséquences de la catastrophe humanitaire provoquée par la coalition d'e l'agression (la Coalition arabe menée par l'Arabie Saoudite)".
Il a donc insisté sur la mise en place des conditions favorables à une sortie de crise politique, dont notamment la réouverture l'aéroport international de Sanaa, le paiement des salaires des fonctionnaires et l'amélioration du secteur de la santé et des services de base.
Pour sa part, l'émissaire onusien s'est dit déterminé à poursuivre ses efforts pour la relance du processus de négociations politiques pacifiques, selon la même source.
Mercredi dernier, Martin Griffiths était arrivé à Aden (Sud), la capitale provisoire du pays, où il a rencontré le président Hadi et le Premier ministre yéménite Ahmed Ben Dagher.
Mardi, Martin Griffiths a rencontré Mahdi al-Mashat, le président par intérim du Conseil politique suprême (la présidence des Houthis).
Griffiths a récemment intensifié ses efforts diplomatiques en vue de trouver une issue à la crise de Hodeidah.
Le 13 juin, les forces gouvernementales yéménites, soutenues par la Coalition arabe, ont lancé une opération militaire pour prendre aux Houthis le contrôle de Hodeidah et de son port stratégique sur la mer Rouge. Elles sont, depuis, parvenues à prendre le contrôle de l'aéroport.
Le Yémen est ravagé par la guerre qui a éclaté en 2014, lorsque les Houthis ont pris le contrôle d’une grande partie du pays, y compris la capitale Sanaa.
Le conflit s'est intensifié en 2015 lorsque l'Arabie saoudite et ses alliés sunnites et arabes ont lancé une vaste campagne militaire visant à contenir le domaine des Houthis au Yémen.
Riyad accuse les Houthis d'agir comme une force de procuration pour l'Iran chiite, ennemi juré de l'Arabie saoudite dans la région.
La guerre du Yémen a provoqué l'une des pires crises humanitaires au monde et entraîné la mort d'environ 10 mille personnes.