Ali Ballı, Durmuş Genç, Ümit Dönmez
04 Mars 2020•Mise à jour: 04 Mars 2020
AA – Muğla (Turquie)
Sawsan Almusa, enceinte de cinq mois, a tenté, mardi, de se réfugier sur île grecque à bord d'un canot pneumatique. Après une longue et dangereuse traversée en mer Égée, elle a été battue à l'aide d'un bâton par les garde-côtes grecs qui tentaient de couler le canot de fortune.
Almusa a déclaré être très attristée par le fait que le monde reste spectateur à la violence qu'elle et ses compagnons de voyage, ont subie.
Après ses mésaventures, la jeune femme de 20 ans, enceinte de cinq mois, a reçu des soins à l'hôpital public de Bodrum, district de la province de Mugla, dans l'ouest de la Turquie, d'où elle était partie mardi pour rejoindre l'Europe, sans penser que la police grecque serait capable d'une horreur telle que de vouloir couler leur bateau alors que ceux-ci étaient encore en mer, puis battre la femme visiblement enceinte alors qu'elle luttait pour la survie de son bébé.
Almusa, qui a également un fils de deux ans, a reçu un rapport de coups et blessures.
La femme enceinte, qui a été secourue par les gardes-côtes turcs et amenée sur le rivage, a raconté au journaliste de l'Agence Anadolu qu'elle avait affronté la mort sur le bateau, ainsi que de nombreuses autres personnes présentes.
Soulignant qu'il est très difficile, voire impossible d'oublier l'incident, Almusa a déclaré qu'elles avaient été approchées par deux bateaux grecs après avoir franchi la frontière maritime avec la Grèce, et qu'elles avaient été exposées aux attitudes violentes des soldats grecs sur le bateau.
Racontant que ceux-ci ont essayé de couler leur bateau en créant des vagues avec leur navire et tirant avec des fusils, Almusa a confié qu'elle partait pour l'Allemagne avec sa famille, pour que son père malade puisse y recevoir certains soins.
Almusa, rappelant ne pas mériter les mauvais traitements subis, a ainsi décrit les faits : "N'ont-ils pas vu que j'étais enceinte quand ils me battaient? J'avais aussi un petit enfant sur mes genoux. Je n'arrive toujours pas à croire ce que j'ai vécu, nous avons tellement souffert. Nous avons été malmenés pendant trois heures par les garde-côtes grecs. Ils nous ont insultés et nous ont battus avec un bâton, ils ont également abaissé le moteur de notre bateau. Nous n'arrivons toujours pas à concevoir comment ils ont osé nous faire subir autant de violence. Ils ont amarré notre bateau au leur et nous ont abandonnés à la frontière [maritime] avec la Turquie. Les équipes de la Garde côtière turque nous ont sauvés et nous ont transportés sur la rive. Je les remercie. Même mon bébé qui n'est pas encore né, a été soumis à cette persécution", a déploré la jeune femme.
"Nous voulons être traités et pouvoir vivre comme des êtres humains", a ajouté Sawsan Almusa, soulignant que les coups de la garde-côtière grecque ne leur fait pas autant mal, que l'indifférence du monde à leur sort.
Expliquant s'efforcer d'offrir un bon avenir à ses enfants, Almusa a conclu que son plus grand désir était la fin de cette persécution.