Hafawa Rebhi
02 Novembre 2018•Mise à jour: 02 Novembre 2018
AA / New York / Mohamed Tareq
Le Secrétaire général de l'Organisation des Nations Unies (ONU), Antonio Guterres, a appelé vendredi à la "cessation immédiate" des combats au Yémen, tout en précisant quatre mesures "nécessaires pour éviter une catastrophe imminente" dans ce pays déchiré par la guerre.
"Premièrement, la violence autour des infrastructures vitales et des zones à forte densité de population doit cesser immédiatement", a déclaré Guterres aux journalistes au siège de l'ONU à New York.
Le responsable onusien a estimé qu’il faut, dans un deuxième temps, "autoriser les importations commerciales et humanitaires, permettre un accès sans restriction des produits alimentaires et du carburant et laisser les routes ouvertes afin que les produits de première nécessité puissent atteindre toutes les régions du pays".
La troisième mesure définie par Guterres consiste à "soutenir l'économie yéménite, en prenant, entre autres, des mesures décisives pour stabiliser le taux de change et payer les salaires et les pensions".
L’augmentation du financement afin d’améliorer et d’étendre le travail des agences humanitaires est la quatrième mesure préconisée par le Secrétaire général de l’ONU.
Guterres a décrit la situation actuelle au Yémen comme étant "la pire crise humanitaire au monde". "Ce n'est pas une catastrophe naturelle, c'est une catastrophe causée par l'homme. Le Yémen est maintenant au bord du gouffre", a-t-il regretté.
Il a, à cet effet, estimé que "sur le plan humanitaire, la situation est désespérée". "Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher la détérioration des conditions déjà mauvaises vers la pire famine depuis des décennies", a-t-il alerté.
Le Secrétaire général a toutefois évoqué ce qu'il a qualifié de "signes d'espoir sur le plan politique", sans donner plus de détails sur ces signes.
"Il est maintenant temps d'arrêter la catastrophe yéménite", a-t-il insisté.
Guterres a, en effet, rappelé que le Coordonnateur des secours d'urgence de l’ONU, Mark Lowcock, avait averti le Conseil de sécurité lors de sa réunion de la semaine dernière que "le Yémen était plus proche que jamais de la famine".
"L’ONU et nos partenaires nourrissent 8 millions de personnes au Yémen et sans une action urgente, près de 14 millions de personnes, soit la moitié de la population totale, pourraient être menacées dans les mois à venir", a-t-il déclaré.
Guterres a, enfin, exhorté "les parties concernées à surmonter les obstacles et à résoudre leurs différends par le dialogue dans le cadre de consultations facilitées par l’ONU à la fin du mois".
Le Yémen est ravagé par la guerre qui a éclaté en 2014, lorsque les Houthis ont pris le contrôle d’une grande partie du pays, y compris la capitale Sanaa.
Le conflit s'est intensifié en 2015 lorsque l'Arabie saoudite et ses alliés sunnites et arabes ont lancé une vaste campagne militaire visant à contenir le domaine des Houthis au Yémen.
Riyad accuse les Houthis d'agir comme une force de procuration pour l'Iran chiite, l'ennemi juré de l'Arabie saoudite dans la région.