AA / New York / Mohamed Tarek
Le Secrétaire général des Nations Unies, Antonio Guterres, a proposé, mardi, la mise sur pied d'une « plateforme » pour construire la confiance et résoudre les différends entre les pays du Golfe arabe, ainsi que la création d'une nouvelle structure sécurité régionale afin de traiter les préoccupations sécuritaires légitimes des parties concernées.
C'est ce qui ressort d'une séance du Conseil de sécurité présidée par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, sur le thème : « Préservation de la paix et de la sécurité internationales : révision globale de la situation dans la région du Golfe arabe ».
Guterres a appelé, dans son intervention devant les membres du Conseil, les pays du Golfe à œuvrer, de manière collective, pour réduire les tensions et empêcher l’émergence de conflits.
Depuis le mois de juin 2017, une crise inédite entre plusieurs pays du Golfe secoue la région. En effet, l'Arabie Saoudite, les Emirats, le Bahreïn et l'Egypte ont rompu leurs relations diplomatiques avec le Qatar et infligé des sanctions à Doha. Ces pays accusent le Qatar de « soutien au terrorisme », ce qui est formellement démenti par Doha, qui accuse à son tour, les quatre pays de vouloir la placer en tutelle et de confisquer sa décision nationale souveraine.
Guterres a indiqué : « La situation régionale confirme le besoin précieux à œuvrer, de manière collective, pour réduire les tensions et interdire les conflits, et le premier pas consiste à prendre des mesures de construction de la confiance applicables, ce qui sera de nature à traiter les questions d'intérêt commun ».
Et le Secrétaire général de l'ONU de poursuivre : « Depuis le mois de mai 2019, une série d'incidents sécuritaires ont généré une augmentation des tensions, à de nouveaux paliers, ce qui suscite des craintes de voir s’enclencher un plus grand conflit. Il s'agit d'un rappel franc que toute mauvaise considération de la situation pourrait aboutir à une escalade majeure dans la région ».
« Je réitère mon appel à toutes les parties concernées à faire preuve de retenue et à s'interdire tout acte pouvant avoir un effet déstabilisateur sur la région », a-t-il encore souligné.
Il a, dans ce cadre, suggéré la création d'une plateforme similaire à l’opération de Helsinki, « qui débute par des mesures de construction de la confiance, pouvant englober les voies et moyens de lutte contre la pandémie de la COVID-19 et le renforcement de la relance économique ainsi que la garantie de circulation maritime fluide et sans entraves et la facilitation du pèlerinage religieux ».
L’Opération de Helsinki est un document publié, à l'issue d'une conférence tenue dans la capitale finlandaise, en 1975, pour identifier de nouveaux fondements de la sécurité et de la coopération entre les pays européens.
Guerres a relevé que « sur le long terme, j’estime la création d'une nouvelle structure sécuritaire régionale pour le traitement des préoccupations sécuritaires légitime à l'ensemble des protagonistes sera une mesure fructueuse ».
« J'exhorte les pays (sans les nommer) à faire des concessions et à éviter toute sanction de notes qui seront de nature à impacter négativement sur l'acheminement de l'aide humanitaire et médicale vitale en cette circonstance de pandémie à laquelle nous faisons face tous
Le Secrétaire général a ajouté : « Je fais part de ma prédisposition à trouver des formes optimales de dialogue régional, qui pourrait recueillir l'unanimité nécessaire de la part de l'ensemble des parties concernées ».
Guterres a réaffirmé son appui entier aux efforts de médiation lancée par le Koweït, sous la conduite de son émir disparu, (Cheikh Sabah al-Ahmad al-Jaber al-Sabah) pour consolider le dialogue et résoudre les tensions entre les pays membres du Conseil de coopération du Golfe.
Il a formulé l'espoir de voir ce différend résolu, prochainement, au moment où nous avons besoin d'unité pour faire face aux défis multiples qui secoue la région.
Le Koweït, qui déploie des efforts de médiation entre les protagonistes de la crise, n'est pas parvenu, jusqu’à présent, à réaliser une percée, à même de rétablir la situation ante-crise entre les six pays du Golfe : le Qatar, l'Arabie Saoudite, les Emirats, le Koweït, le Bahreïn et le Sultanat d'Oman.
Guterres a, par ailleurs, insisté dans son intervention sur l'importance que revêt la « préservation du plan d'action global commun, en tant qu’outil important pour lutter contre la propagation nucléaire et pour le renforcement de la sécurité régionale ».
Ce plan consiste en un accord conclu entre l'Iran et les pays du Groupe « 5+1 », en l'occurrence les cinq pays, membres permanents du Conseil de sécurité, (La Russie, le Royaume-Uni, la Chine, les Etats-Unis et la France) et l'Allemagne.
Les Etats-Unis s'étaient retirés, en mai 2018, de l'accord conclu en 2015 et infligé de sévères sanctions économiques à Téhéran, pour la contraindre à reprendre les négociations sur son programme nucléaire.
L'accord, qui a été conclu au mois de juillet 2015, prévoit l'engagement de Téhéran à renoncer, pour une durée d'au moins 10 ans, à des parties vitales de son programme nucléaire, dans l'objectif de l'empêcher de s'approprier les capacités à même de développer des armes nucléaires, le tout en contrepartie de lever les sanctions qui lui étaient imposées.
*Traduit de l'arabe par Hatem Kattou