Tuncay Çakmak
09 Avril 2022•Mise à jour: 09 Avril 2022
AA / Paris / Tuncay Çakmak
A la veille du premier tour de l’élection présidentielle en France, l’Agence Anadolu est allée à la rencontre des citoyens afin de prendre le pouls dans les rues de Paris.
A Bercy, une dame, retraitée du journalisme, a bien voulu s’exprimer.
- Demain c’est le 1er tour du scrutin présidentiel. Tout d’abord, avez-vous l’intention d’aller voter ?
Absolument !
- Comment avez-vous trouvé la campagne ? les candidats ont-ils répondus à vos attentes, à vos questionnements ?
Pas du tout ! Très peu, quelques-uns oui, moi mes attentes ça concerne la crise écologique et notre gouvernement, selon moi, n’a pas du tout pris les mesures qu’il fallait. Et aussi les droits des femmes. Ça devait une grande cause nationale il y a un cinq ans, et en fait, il ne s’est rien passé de spécial.
- Parmi les 12 candidats officiels, certains répondent-ils à vos priorités ?
Oui, oui ! Il y en a qui sont très proches de mes attentes mais ce sont des candidats tellement minoritaires, que vu le contexte puisqu’on se retrouve avec Macron et Le Pen en première position, suivis de Mélenchon, je ne vais pas voter pour un mini candidat et voter pour ce qui me semble être utile à moi, je peux vous le dire je vais voter pour Mélenchon …
Pour ne pas avoir les deux autres en espérant qu’il pourra être au second tour, mais on ne sait pas.
- Comment abordez-vous le fait qu’Emmanuel Macron ait attendu le dernier jour pour annoncer sa candidature, et son refus de débattre avec les autres candidats ? N’est-ce pas un recul pour le débat politique et démocratique ?
Mais de toute façon depuis que Monsieur Macron est arrivé, et même avant lui, ça avait commencé, ce n’est pas lié à l’homme je pense que c’est lié à l’époque, on a commencé à rentrer dans la politique spectacle, je dirais avec Sarkozy, bon Chirac ce n’est pas quelqu’un de mon bord, mais il faisait de la politique à l’ancienne, il y a toujours eu des magouilles des choses comme ça, et on est rentré dans la politique spectacle, et maintenant je trouve qu’il n'y a pas vraiment de politique, il y a de la communication. Macron il communique, très bien, les gens le trouvent brillant, il l’est surement, mais il fait 2% de ce à quoi il s’engage. Il s’est réfugié, il s’est jeté à corps perdue dans la communication à propos de la guerre en Ukraine, parce que ça lui permet de briller à l’international, les gens pensent que c’est un mec formidable, et ça lui a donné au début du crédit de s’opposer à Poutine, style « je défends la démocratie, il a pris ce prétexte là pour ne pas aborder les débats de fond avec les autres candidats.
- Pensez-vous que le taux de participation sera élevé ou confirmera-t-elle la tendance à l’abstention enregistrée ces dernières années ?
Je crains le pire parce que j’ai lu la presse ce matin et des gens disent qu’ils n’iront pas voter demain s’il pleut. Je trouve ça insensé, c’est à peu près ce qu’il reste de démocratie, je ne sais pas si c’est utile mais en tout cas je crains qu’il y ait une forte abstention.
- Quelles sont les priorités que devra traiter selon le vous le prochain président ?
Moi elles me semblent évidentes, c’est associer les questions du climat et des inégalités sociales. Plus on est pauvre plus on souffre des atteintes climatiques. Traiter ces deux problèmes ensemble. Arrêter de donner de l’argent public aux grandes entreprises et aux millionnaires, et arrêter de baisser, baisser, baisser les minimas sociaux qui sont vraiment des minimas.