Muhammet Nazım Taşçı
29 Septembre 2019•Mise à jour: 30 Septembre 2019
AA / Ankara / Sorwar Alam
L’Inde a déclaré, samedi, que les propos du Premier ministre pakistanais, mettant en garde contre une éventuelle guerre nucléaire avec New Delhi, n’étaient pas des plus "habiles politiquement".En réponse au discours d’Imran Khan à l’Assemblée générale des Nations Unies, Vidisha Maitra, haut responsable du ministère indien des Affaires étrangères, a déclaré: "La menace du premier ministre Khan de déclencher un cataclysme nucléaire est plus téméraire qu'habile d'un point de vue politique.
"Évoquant la situation humanitaire au Cachemire, qui fait l'objet d'un siège quasi-total depuis 56 jours, Khan a exhorté, vendredi, l'Assemblée générale à prendre des mesures immédiates pour aider les habitants du Cachemire.
Il a également averti que la situation actuelle pourrait conduire les deux rivaux au bord d'une guerre nucléaire."Quand un pays doté de l'arme nucléaire combat jusqu'au bout, cela aura des conséquences bien au-delà de ses frontières.
Cela aura des conséquences pour le monde entier", a-t-il prévenu.Appelant l'ONU à agir pour empêcher un éventuel "bain de sang" dans la vallée disputée, Khan a contesté l'affirmation de New Delhi selon laquelle cette nouvelle initiative (la suppression de l'autonomie du Jammu-et-Cachemire) apporterait prospérité et développement à la vallée himalayenne et a souligné que les Cachemiris n'en seraient que "plus radicalisés".
La première secrétaire du ministère indien des Affaires étrangères, Maitra, a déclaré que l'argument de la justification du terrorisme donnée par Khan "était effrontée et incendiaire", son pays ayant "le monopole de l'industrie du terrorisme".
Elle a poursuivi en affirmant que son pays poursuivait "bel et bien le développement de l'intégration au Jammu-et-Cachemire".
Maitra a également accusé le Pakistan d'avoir "intégré le terrorisme et le discours de haine" et a affirmé que le pays "essayait de se faire passer pour le nouveau champion des droits de l'homme".Elle a décrit la critique pakistanaise contre la suppression de l'autonomie du Jammu-et-Cachemire - qu’elle a qualifié de "désuète et temporaire" - de "réaction virulente"."Les citoyens de l'Inde n'ont besoin de personne pour parler en leur nom", a-t-elle ajouté.
La tension entre les deux puissances nucléaires voisines d'Asie du Sud s'est accrue ces dernières semaines, après que le gouvernement indien ait annulé, le 5 août dernier, le statut spécial du Jammu-et-Cachemire.Depuis lors, la région est sous un blocus quasi complet, le gouvernement indien ayant bloqué l’accès aux communications et imposé des restrictions à la circulation pour contrecarrer toute manifestation dans la région.
Plusieurs groupes de défense des droits, notamment Human Rights Watch et Amnesty International, ont à plusieurs reprises appelé l'Inde à lever les restrictions et à libérer les prisonniers politiques.L'Inde a déclaré que 93% des restrictions avaient été assouplies dans la région déchirée par le conflit, affirmation que l'Agence Anadolu n'a pas été en mesure de vérifier de manière indépendante.De 1954 au 5 août 2019, le Jammu-et-Cachemire jouissait, en vertu de la constitution indienne, d'un statut spécial qui lui permettait de promulguer ses propres lois.
Ces dispositions protégeaient également la loi sur la citoyenneté de la région, qui interdisait aux étrangers de s’installer et de posséder des terres sur le territoire.L'Inde et le Pakistan se partagent le Cachemire tout en revendiquant l'intégralité du territoire. La Chine contrôle également une partie de la région contestée, mais ce sont l'Inde et le Pakistan qui se sont livrés deux guerres pour le Cachemire.