Ahmet Gürhan Kartal
14 Avril 2021•Mise à jour: 14 Avril 2021
AA / Londres
Les gouvernements du Royaume-Uni, de la France et de l'Allemagne ont déclaré, mercredi, être "très préoccupés" par l'annonce de l'Iran concernant l'enrichissement de l'uranium jusqu'à 60 %.
Une déclaration conjointe des trois pays a décrit la décision de l'Iran de mercredi comme "un grave développement, car la production d'uranium hautement enrichi constitue une étape importante dans la production d'une arme nucléaire".
La déclaration ajoute : "L'Iran n'a aucun besoin civil crédible d'enrichissement à ce niveau."
"Nous exprimons également notre inquiétude à l'annonce que l'Iran prévoit d'installer 1000 nouvelles centrifugeuses à Natanz, ce qui augmentera considérablement la capacité d'enrichissement de l'Iran", ajoute la déclaration, en référence à une installation située dans le centre de l'Iran qui a subi une attaque dimanche.
Londres, Paris et Berlin ajoutent que les annonces de l'Iran sont "particulièrement regrettables" car elles interviennent à un moment où tous les participants à l'accord de 2015 sur le nucléaire iranien - officiellement connu sous le nom de Plan d'action global conjoint (PAGC) - et les États-Unis "ont entamé des discussions de fond, dans le but de trouver une solution diplomatique rapide pour revitaliser et restaurer le PAGC."
"La récente et dangereuse déclaration de l'Iran est contraire à l'esprit constructif et à la bonne foi de ces discussions", peut-on lire dans la déclaration.
Et d'ajouter : "À la lumière des récents développements, nous rejetons toute mesure d'escalade par quelque acteur que ce soit et appelons l'Iran à ne pas compliquer davantage le processus diplomatique".
L'Iran a informé, mardi, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) de son intention d'accélérer l'enrichissement de l'uranium à la suite de l'attaque subie par son installation nucléaire de Natanz, située dans la province d'Ispahan. Le gouvernement iranien a imputé l'attaque de Natanz à Israël.
Confirmant cette évolution, l'AIEA a déclaré que Téhéran avait communiqué son intention de commencer à produire de l'hexafluorure d'uranium (UF6) enrichi jusqu'à 60 % dans une usine pilote d'enrichissement de combustible à Natanz.
L'Iran enrichit de l'uranium jusqu'à 20 % depuis le début de l'année, alors que l'accord sur le nucléaire prévoyait qu'il ne pouvait l'enrichir qu'à hauteur de 3,67 %.
*Traduit de l’Anglais par Mourad Belhaj