AA / Rome / Mahmoud Kilani
Le président de la région de Lombardie (nord de l’Italie) a demandé, mardi, aux préfets de sa région de suspendre la répartition des réfugiés demandeurs d’asile sur leurs communes.
Maroni réagissait, dans une note envoyée aux préfets de Lombardie, à la décision du gouvernement italien de répartir 74 mille réfugiés demandeurs d’asile sur les différentes régions du pays.
«Je vous demande de cesser de répartir les réfugiés sur les communes de Lombardie jusqu’à ce que le gouvernement trouve des solutions plus équitables, plus égalitaires et plus adéquates, et qui garantissent les conditions réélles de légalité et de sécurité», a écrit Roberto Maroni, président de la plus importante région industrielle d’Italie qui détient 21% du PIB du pays.
Dans la note, publiée par l’agence de presse italienne ANSA, Maroni relève que «selon les chiffres publiés ces derniers jours par le ministère de l’Intérieur, la Lombardie est la troisième région d’Italie, après la Sicile (Sud) et le Latium (Lazio, Est) en termes de présence d’immigrés dans les structures d’accueil ».
Il rappelle, également, que «la Lombardie accueille le cinquième (20%) des immigrés en situation régulière présents en Italie, et dont une majorité sont à la recherche d’un emploi. Il est donc impensable d’envoyer d’autres immigrés en Lombardie avant de rééquilibrer leur répartition [sur les différentes régions du pays] ».
Et de poursuivre: «L’affluence exceptionnelle de ressortissants étrangers sur notre territoire, résultant des vagues d’immigration clandestine, impose une gestion plus avisée du phénomène migratoire».
Il estime que «la solution au problème de l’immigration clandestine est le blocage des départs sur les côtes africaines à travers une action commune de l’Union Européenne, de l’ONU et de toute la communauté internationale».
La note de Maroni à ses préfets intervient dans le cadre d’une vague d’indignation des partis de droite et du centre-droite dans les riches régions du nord, contre la décision du gouvernement.
La semaine écoulée, le gouvernement italien a décidé de répartir près de 74 mille réfugiés demandeurs d’asile sur les 20 régions d’Italie «en attendant la régularisation de leur situation».