Mohammad Kara Maryam
02 Mars 2022•Mise à jour: 03 Mars 2022
AA / Moscou
Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, a indiqué que la délégation de son pays attendra son homologue ukrainien à la table des négociations, ce soir, mercredi.
S'exprimant aux médias, Peskov a ajouté, que les déclarations contradictoires sur les pourparlers en cours entre Moscou et Kiev ont pris place sur la scène politique.
"Aujourd'hui, vers le début de la soirée, notre délégation sera prête à entamer les pourparlers", a-t-il poursuivi.
Il a par ailleurs déclaré "espérer" que ces derniers viennent aux négociations, sans en préciser le lieu de la rencontre.
Lundi, des délégations ukrainiennes et russes ont entamé des pourparlers dans la région frontalière de Gomel entre l'Ukraine et la Biélorussie, dans le but de parvenir à un cessez-le-feu, sans toutefois aboutir à des résultats concrets.
Dimanche, le président ukrainien Volodymyr Zelensky a annoncé qu'une délégation représentant son pays tiendrait une réunion "sans conditions préalables" avec des responsables russes à la frontière biélorusse.
Jeudi à l'aube, la Russie avait lancé la guerre contre l'Ukraine. L'intervention russe a provoqué des réactions de colère dans plusieurs pays à travers le monde qui ont appelé à des sanctions plus sévères contre Moscou.
- La crise du Donbass et l’intervention militaire de la Russie
En 2014, suite aux manifestations populaires qui ont secoué l’Ukraine, le Chef de l’État, Viktor Ianoukovitch a fui le pays, laissant ainsi la place à un gouvernement pro-occidental. La crise qui s’en est suivie a vu la Russie envahir la Crimée et annexer illégalement ce territoire ukrainien, puis appuyer les revendications indépendantistes des régions ukrainiennes de Donetsk et Louhansk, majoritairement russophones.
Des affrontements meurtriers déclenchés dans la foulée de la proclamation unilatérale de l’indépendance des deux régions ukrainiennes, avaient alors opposé les forces séparatistes soutenues par la Russie et l’armée de Kiev.
La diplomatie ayant repris l’initiative en 2014 et 2015, les appuis de Kiev en Occident ont négocié avec Moscou un accord de cessez-le-feu, connu comme les Accords de Minsk, qui bien qu’ayant servi à désamorcer la crise, ont été marqués par de nombreuses violations de cette trêve, coutant la vie à quelque 14 mille ukrainiens des deux bords.
Lorsque la Russie a commencé à déployer des dizaines de milliers de soldats le long des régions frontalières avec l’Ukraine vers la fin de l’année 2021, les États-Unis et leurs alliés occidentaux ont affirmé que Moscou se préparait à envahir l’Ukraine, menaçant Vladimir Poutine de lourdes sanctions s’il venait à porter atteinte à la souveraineté de l’Ukraine et à son intégrité territoriale.
Moscou, qui n’a eu de cesse de démentir toute velléité d’invasion de l’ancienne république soviétique, a pourtant décidé de reconnaitre l’indépendance de Donetsk et de Louhansk, puis, le 24 février, de lancer une intervention militaire sur le territoire ukrainien pour, selon les termes de Vladimir Poutine, défendre les populations menacées de "génocide par Kiev" et "libérer l’Ukraine du nazisme et du militarisme", appelant par là même l’armée ukrainienne à déposer les armes.
*Traduit de l'arabe par Hajer Cherni